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Dans un sale État
par Patrick Schindler le 27 avril 2020

Séropositif.ves ou non : Attention, une épidémie peut en cacher une autre !

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Pour nous autres, les séropositif.ves, se protéger ou vivre avec le virus ne nous change pas beaucoup… Mais ce qui pour nous est acquis aujourd’hui à propos du sida, c’est que l’épidémie était d’abord une épidémie politique, en ce sens qu’au départ, elle avait touché principalement les populations marginalisées et criminalisées en premier (les homos et les toxicos). Puis elle s’est étendue à l’ensemble des populations sur toute la planète, mais toujours avec le même point d’entrée. Toujours en suivant la pauvreté et la précarité (pays d’Afrique, par exemple).
Aujourd’hui nous devons faire face à une autre épidémie qui, à ce jour est plutôt aveugle en terme de population contaminée. Mais ce que nous avons surtout appris avec la lutte contre le sida depuis trois décennies, c’est qu’il nous a fallu et nous faut une nouvelle fois, nous battre contre plus de 35 ans de politique libérale.
Une politique qui a mis à feu et à sang nos services publics de santé, d’éducation, de recherche et tant d’autres. Et dans les deux cas, le sida comme le covirus, la soi-disant « maîtrise budgétaire par projet » des gouvernements qui se sont succédés, n’a fait que baisser toujours un peu plus le financement public du monde associatif. Alors que, tout au moins en ce qui concerne la propagation du sida, de par l’expérience d’associations telles qu’AIDES ou Act-Up Paris, nous avons depuis des années décliné, en partenariat avec des chercheurs et médecins, quelles étaient les bonnes décisions et mesures à prendre. Mais, nous n’avons bien sûr jamais été écoutés !




Alors que les politiques publiques actuelles viennent une fois de plus faire preuve de leur inefficacité : 22 800 morts du coronavirus à ce jour, selon les chiffres officiels. Et ces morts ne seraient-ils pas eux aussi dans une certaine mesure, une conséquence directe de ce système institutionnel qui, malgré les démonstrations de son incompétence, persiste à traiter la population comme des enfants trop gâtés et donc à se considérer comme adulte ? Serait-ce donc être trop gâtés que de bénéficier d’une politique efficace de la santé ou un nombre adéquat de soignants et de lits d’hôpitaux en cas d’une grosse épidémie ?
Or, les associations comme AIDES ou Act-Up Paris pour ne citer qu’elles, n’ont pas attendu l’accord des institutions au début de la contamination pour mettre en ligne sur leurs sites, les conférences sur le coronavirus tenue à l’IAS de Boston. Autre fait marquant, ces associations ont-elles attendu le signal de la ministre Marlène Schiappa pour annuler nos manifestations et rassemblements ? Elles n’ont pas attendu les appels à solidarité d’un ministre pour aider avec d’autres associations comme Acceptess-t ou le strass, pour organiser des ravitaillements pour les personnes les plus précaires.
Et si le gouvernement avait écouté les revendications émises par Act-Up lors de la marche du 1er décembre pour la journée mondiale contre le sida, comme - ne serait-ce par exemple - que la généralisation de l’accès au dépistage anonyme et gratuit dans tous les laboratoires de ville sans besoin d’ordonnance, peut-être n’en serions-nous pas là ? Et s’il avait su écouter les revendications des soignant.es lors des dernières manifestations contre le projet retraite, peut-être n’en serions-nous pas là ? Mais, comme dit le proverbe, « avec des si »… Car l’exprimer vulgairement et sexistement -une fois n’est pas coutume- : si ma tante en avait (des si), la SNCF ne serait pas privatisée, le statut de fonctionnaire serait toujours le même et l’assurance retraite ne serait pas menacée !
Mais pour et en revenir au secteur de la santé, le discours du gouvernement actuel me fait ironiquement penser à celui que tenait le Front populaire (mais oui !) qui juste avant la guerre, intimait aux citoyens de ne pas, en cette période de crise, critiquer les reculs sociaux !...
Patrick Schindler, groupe Botul FA et ancien militant d’Act-Up Paris  
PAR : Patrick Schindler
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