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Littérature
par Patrick Schindler le 30 juin 2023

Lunettes noires pour un rat noir, voilà juillet.

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En juillet, la Grèce bien sûr, pour commencer : Vie et mort de Karavelas de Constantin Theotakis. Puis, le poignant Elektra de Dido Sotiriou. Six pièces en un acte de Iakovos Kambanellis et un polar de Makis Malafékas : Dans les règles de l’art. Une exposition athénienne : Témoignage des Grecs Arméniens sur le Génocide, les Crimes nazis et les Survivants. Direction Genève pour Quatre jours chez Voltaire, en compagnie de Casanova. Petit arrêt dans le Trieste d’Italo Svevo : La conscience de Zeno. Le retour de Lola Sémonin avec son « roman de jeunesse » : Aurore et Samir. Visite du Sao Paulo de Xavier Baert. Pour terminer, Mathieu Dejean nous fait découvrir les dessous de Science Po, L’école de la domination.

« Estimer ses ennemis, c’est être d’accord avec soi-même », Oscar Wilde



Chats amoureux d’Athènes, photo Patrick Schindler, Juin 2023

Constantin Theotokis : Vie et mort de Karavelas



Né en 1872 à Corfou dans une famille de l’aristocratie locale, Constantin Théotokis est l’écrivain qui a introduit le réalisme dans la prose grecque. Cet érudit fut d’abord influencé par la littérature symboliste et décadente de son époque. Puis, converti aux idées socialistes au cours d’un séjour en Allemagne, de retour dans son île grecque natale, il est loin dans ses écrits d’en donner une image idyllique. Sa peinture sans complaisance, souligne au contraire « la cruauté, la cupidité et les préjugés qui asservissent l’esprit et avilissent les sentiments de ses compatriotes ».



Vie et mort de Karavelas (éd. Cambourakis) a pour cadre la maison que partagent les deux frères Statiris. L’aîné, Argyris, de nature fragile et son cadet, Yannis, le bon vivant. Ils vivent sous le même toit avec leurs femmes, Chrysanthis et la belle Maria, ainsi que leurs enfants. Tous se chamaillent au sujet d’un hypothétique héritage à se partager.
Évènement pivot dans cette société paysanne renfermée sur elle-même.
En effet, leur voisin Thomas Kapsalis, un drôle de bonhomme surnommé Karavélas (bourreau ou égorgeur en grec, sans que personne dans le village ne sache exactement pourquoi), est en train de veiller sa vieille femme agonisante. Une scène d’un réalisme digne d’une nouvelle de Maupassant. Kapsalis donc, n’ayant pas d’héritier, sa femme étant stérile, envisage de céder sa maison aux Statiris, en échange d’un contrat le garantissant d’être pris en charge par eux.
Mais une autre raison moins altruiste le motive : bien que vieux, il est fou amoureux de la belle Maria, sans aucune réciprocité. Ainsi se met en place le drame à venir, qui va nous tenir en haleine tout le long de ce récit attachant, au style populaire, vif et étourdissant. Tout un petit monde rustre vivant entre légendes et croyances datant de l’antiquité « quand alors, même les pierres riaient » !

Dido Sotiriou : Elektra



Dido Sotiriou est née en 1909 à Aydin, une ville d’Asie Mineure de l’Empire ottoman. Féministe engagée, à partir de 1936, elle devient journaliste pour plusieurs revues. Durant l’occupation de la Grèce et la Seconde guerre mondiale, elle adhère au Parti communiste grec et entre dans la résistance. Elle écrit ensuite des romans dont Terres de sang, réédité soixante-cinq fois en Grèce et traduit en six langues.



Dans sa préface, Olivier Delorme nous présente brièvement la féministe Dido Sotiriou, auteur de la biographie romancée de son amie militante communiste, Elektra Apostolou (éd. H&O, traduction Loïc Marcou). Il nous explique ensuite en détail, l’histoire de cette Grèce déstabilisée par une décennie de guerres de 1912 à 1922. Puis de l’avant-guerre chaotique jusqu’à la dictature de Metaxas. L’occupation italienne fasciste jusqu’en 1943, remplacée par celle des nazis. Delorme retrace ensuite, l’épopée héroïque des résistants communistes du KKE (PC grec), du front antifasciste élargi avec l’EAM, puis de l’ELAS contre les occupants, mais aussi contre les maquis rivaux, notamment ceux de l’EDES vénizéliste et de ses officiers républicains. Drame qui se prolongera pendant la guerre civile suivant la Libération. Sans oublier la résistance exemplaire des Grecs, étudiants, religieux, poètes, intellectuels dont Elektra Apostolou contre les occupants d’abord à Athènes, puis dans toute la Grèce.
Dido Sotiriou prend alors la plume pour nous raconter la vie tumultueuse d’Elektra Apostolou, son amie de jeunesse à partir d’août 1942. Époque où Elektra est incarcérée avec sa fille Agni, dans une maison d’arrêt par les nazis. Quelles circonstances ont bien pu l’amener là ?
Nous plongeons alors dans l’enfance de cette jeune fille bourgeoise, révoltée contre sa famille et les injustices sociales, son engagement précoce dans le militantisme jusqu’à son premier emprisonnement de 1936 (alors qu’elle était enceinte). Retour en 1942. En prison, Elektra n’a qu’une idée en tête : s’évader et reprendre le combat. Mais à quel prix ? Abandonner sa fille chérie ?
N’en disons pas plus, sinon qu’Elektra qui ne recule devant rien, va être entrainée dans une épopée peu ordinaire. Femme d’une grande humanité, elle m’a souvent fait penser l’intrépide anarchiste française, Louise Michel.

Publié pour la première fois en Français, ce témoignage puissant que lui consacre Dido Sotiriou n’a rien perdu de sa force. Une leçon d’histoire et de courage. En postface, le traducteur Loïc Marcou complète l’introduction d’Olivier Delorme. Il nous explique pourquoi et comment cette héroïne révolutionnaire exemplaire a été trop rapidement oubliée de l’histoire.

Iakovos Kambanellis : six pièces en un acte et monologues



Iakovos Kambanellis est né en 1921, sur l’île de Naxos. Poète, dramaturge, scénariste et romancier, il est le sixième des neuf enfants d’une famille nombreuse. Kambanellis est rapidement apparu comme l’un des dramaturges grecs les plus éminents du XXe siècle et considéré comme le père du théâtre grec moderne. En tant que survivant du camp de concentration de Mauthausen-Gusen, il a écrit, outre ses souvenirs du camp, les paroles de la Trilogie de Mauthausen sur la musique de Mikis Theodorakis. Il est également l’auteur de pièces de théâtre, de scénarios et d’une centaine de chansons. Il est seulement reconnu officiellement en 2000, élu membre de l’académie d’Athènes. En 2011, Kambanellis transporté d’urgence à l’hôpital en raison d’une insuffisance rénale, décède à l’âge de 89 ans.




Dans sa présentation du recueil, Jacqueline Razgonnikoff raconte tout d’abord la visite qu’elle rendit au dramaturge en 2007. Ils évoquèrent pour commencer ses débuts difficiles, notamment avec la création de L’homme et son pantalon en 57, alors qu’il était encore un jeune auteur, inquiet d’avoir à le « caser » entre deux autres pièces on ne peut plus célèbres : La fleur à la bouche de Pirandello et Les méfaits du tabac de Tchékhov.
Jacqueline Razgonnikoff et Kambanellis évoquèrent ensuite les difficultés de la traduction française de ses œuvres dans notre pays « qui a trop tendance à ne considérer que seules sont valables, les pièces du théâtre antique ».
C’est ce défi que relève ici Jacqueline, qui se souvient en ces termes de l’homme de théâtre « Je n’oublierai jamais la parole d’un homme qui, après avoir été déporté à Mathausen a été de tous les combats politiques et artistiques de son pays et qui s’est exprimé ce jour-là, devant mon amie Andromaque et moi, avec la sagesse souriante du philosophe » …



Jacqueline Razgonnikof durant une répétition de L’homme et son pantalon au Théâtre Imeras. Photo Patrick Schindler

La première pièce traduite par Jacqueline Razgonnikof, Au pays d’Ibsen, est une espèce de suite à la célèbre pièce du dramaturge, Les revenants. Dans la version de Kambanellis, un veilleur de nuit s’entretient fictivement avec tous les acteurs qui jouent dans Les revenants. Ceux-ci répondent à ses questions qui les amènent à fouiller dans la plus grande intimité de leurs personnages, leurs motivations et surtout ce qu’ils n’expriment pas sur scène.
L’homme et son pantalon est un monologue déjà présenté dans la rubrique de février 2023, après sa mise en scène par Andromaque Montzoli au théâtre Imeras d’Athènes.
Lettre à Oreste est le premier tableau des Orestie d’Eschyle, revu et corrigé par Kambanellis. Monologue durant lequel Clytemnestre écrit une lettre à Oreste, « son fils chéri ». Elle tente de se justifier auprès de lui de ses actes et des circonstances qui l’ont amenée à les exécuter. « Si seulement j’avais eu le courage de fuir, nous n’en serions jamais arrivés là » !
Le repas est en quelque sorte, la suite de ce monologue. Le temps a passé, l’acte final révolu. Les survivants de la tragédie (Iphygénie, Electre et Oreste) reçoivent leurs parents morts (Agamemnon, Clytemnestre, Egisthe, Pholos et Cassandre), le temps d’un repas à Argos, mais seuls ces derniers voient les premiers. S’enchaînent alors des dialogues remplis de lucidité, d’intelligence, de sensibilité et de philosophie entre les vivants entre eux, et réciproquement.
Dans Sur la route de Thèbes, un passant demande de l’eau à des paysans qui vivent dans une petite baraque située le long de la route qui mène à Thèbes, alors que les fils d’Œdipe et Antigone viennent de mourir. Or, il se trouve que le paysan n’est autre que le garde qui a dénoncé Antigone, lorsqu’elle enfreignit la loi édictée par Créon et enterra son frère. C’est ainsi que le passant assiste à la dispute opposant la fille du garde, qui tient absolument à savoir pourquoi son père a dénoncé Antigone. Le passant entend également les confidences la mère de famille sur le sauvetage d’Œdipe après sa condamnation par l’oracle. Tous ces gens du petit peuple se déchirant pour avoir leur part de responsabilité dans les deux tragédies !
Enfin, Le dialogue est tout, sauf un dialogue. Il s’agit en fait de monologues entrecroisés entre les deux individus d’un vieux couple qui ne s’adressent plus la parole, (« à quoi bon après vingt ans de mariage ! »), mais qui n’en pensent pas moins.
Jacqueline Razgonnikoff a donc choisi de traduire ces six petites pièces dans la mesure où selon elle, « elles représentent un panel de l’éclectisme de Iakonos Kambanellis, [souvent comparé à Samuel Beckett ou Eugène Ionesco], de son talent et de son style inimitable » … Pari réussi !

Makis Malafékas : Dans les règles de l’art



Makis Malafékas a fait des études d’histoire de l’art à Paris, avant de se consacrer au dessin et à l’écriture. Il collabore régulièrement avec les Éditions de l’Ecole des Beaux-arts de Paris, tout en publiant ses écrits en Grèce et en France. Il est l’auteur de cinq livres, dont une série de néo-polars athéniens, à mi-chemin entre « pulp et roman social », qui mettent en scène son alter ego : l’écrivain Michalis Krokos.



Dans les règles de l’art (éd Asphalte), le héros, Michalis Krokos, écrivain installé à Paris vient présenter son livre sur John Coltran dans une petite librairie alternative d’Athènes.
Mais il tombe plutôt mal. En pleine canicule et au moment où s’y déroule « un grand raout artistique sur l’art contemporain qui semble concerner la terre entière ! Ça sentait le fiasco pour moi à plein nez ! Personne n’allait venir, pas même mon éditeur. Bref, j’étais dans la mauvaise ville, au mauvais moment avec le mauvais livre entre les mains, d’autant plus qu’aujourd’hui, plus personne ne lit » !
Heureusement pour lui, le soir de son arrivée dans la capitale grecque, il tombe sur Kris, une amie compatissante, mais il s’aperçoit rapidement que celle-ci a bien d’autres soucis. Elle s’est « mise toute seule dans la merde » et lui explique que lors d’une soirée « très alcoolisée », qui rassemblait le gratin artistique dans l’île d’Hydra chez Harry, (un richissime héritier franco-écossais), elle a décidé avec une copine de piquer « juste pour le fun » le tableau collectif spontané que les invités venaient de réaliser. Une fois dessoulée le lendemain, elle s’était empressée de téléphoner à Harry pour le lui rendre, ce qu’il refusa.
Michalis passe la nuit chez elle. Et le lendemain au réveil, tous les deux s’aperçoivent que durant leur court sommeil, le tableau a disparu ! Comme « il n’a rien d’autre à faire », Kris charge alors Michalis de l’affaire.
Nous pénétrons alors dans le drôle de monde de l’art alternatif. Un monde totalement corrompu dont nous n’allons pas tarder à découvrir la face cachée. Blanchiment d’argent et monstrueux intérêts économiques en jeu : rien de moins que la moitié du montant du trafic de drogue mondial ! « Petit monde » autour duquel gravite une belle brochette de déjantés, pique-assiettes, mafiosi, petits dealers et grosse pègre. Quelle idée a pris Michalis d’accepter le deal de Kris et d’aller se fourrer dans un tel guêpier ?
Ambiance assurée sur un rythme essoufflant, avec en toile de fond des clins d’œil de Richard Brautigan ou Jean-Pierre Manchette, pour notre plus grand plaisir…

Témoignage des Grecs Arméniens résistants antinazis survivants et leurs descendants sur le Génocide turc



1.Affiche de l’expo - 2/3. Réfugiés arméniens du génocide Turc (1915-1923) en Grèce - 4. Début d’une liste des combattants antinazis assassinés - 5. Photos de descendants Grecs arméniens, dont certain.es ont organisé l’exposition. Photos Patrick Schindler.

Le Centre culturel Melina Mercouri d’Athènes présentait une exposition ayant pour départ, la date du 24 avril 1915. Jour où le gouvernement Jeunes-Turcs de l’Empire ottoman décida d’en finir avec la minorité arménienne vivant dans l’actuelle Turquie. Il organise alors déportations et massacres où périssent entre 1.200.000 et 1.500.000 Arméniens ottomans ! Génocide souvent considéré comme le premier du XXe siècle et qui n’a jamais été reconnu comme tel par la Turquie. Pourtant, l’Arménie occidentale est alors vidée de sa population arménienne natale. Quelques-uns réussissent néanmoins à fuir et se réfugier dans les pays voisins des Balkans, précédant les Grecs d’Asie Mineur après le drame de Smyrne et les douloureux échanges de population entre la Grèce et la Turquie.
Les photos exposées montrent comment les Arméniens réfugiés en Grèce témoignèrent alors d’une solidarité exemplaire avec les autres réfugiés. Mais ils n’étaient pas au bout de leurs peines. En effet, durant la Seconde guerre mondiale, nombre d’Arméniens entrèrent dans la résistance contre les Italiens fascistes, puis contre les nazis quand ceux-ci prirent leur place. Mais la plupart de la population grecque arménienne finit avec les Juifs, dans les camps de concentration nazis.
Cette exposition était organisée par les descendants de leurs rares survivants et devrait s’installer dans d’autres capitales européennes.
Très émouvant. A ne pas manquer !

Casanova : Quatre jours chez Voltaire




« Je crois que sans injustice, on aurait dû faire assommer Voltaire, d’abord parce qu’il publié son Epître à Uranie, puis ses Lettres philosophiques et sa Pucelle. C’est un de ces écrivains qui méritent le sort de Ferranté Pallavicino [note] ».
C’est en citant cette « gentillesse » de Casanova lancée au sujet de Voltaire que Linda Gil entame sa préface de Casanova : Quatre jours chez Voltaire (éd. H&O Rivages poches). Petit volume dans lequel n’a pas le temps de s’ennuyer.
Il raconte la visite que Casanova, « cet aventurier libertin, conservateur et véritable arlequin caméléon » rendit à Mr. de Voltaire à Genève, en 1760. Voltaire « cet être cultivé, sensible mais arrogant et très moqueur ».
Auparavant, Linda Gil s’interroge au sujet de l’obsession « anti-voltairienne durable » de Casanova. Il y a en effet matière à s’interroger à la lecture du seul témoignage de son passage chez Voltaire : le sien ! On ne peut que douter de son impartialité, tandis qu’il écrit puis réécrit cette rencontre à volonté.
Quoi qu’il en soit, Linda Gil nous invite à nous faire nous-même une opinion « entre ces deux personnes qui ont acquis la dimension d’un mythe. En charge pour le lecteur, de faire la part de la réalité et de la fiction, de l’imaginaire et de l’idéologie ».
Soit. Partons donc pour Genève, mais seulement en compagnie des écrits de Casanova. Tout d’abord, avec son récit autobiographique, Histoire de ma vie, dans lequel il commente chacun de ses passages chez le philosophe. Suivent des extraits de textes de Casanova évoquant Voltaire, à la lumière desquels nous allons comprendre comment est née son animosité profonde vis-à-vis de ce dernier. Leur succède le plus tardif Eloge de Mr. De Voltaire de 1779, dans lequel Casanova pousse le bouchon un peu loin : il y reproche en effet à Voltaire de s’être inventé un nom, alors que lui-même n’a rien fait d’autre, lorsqu’il n’avait qu’une obsession : « intégrer le grand monde » ! Enfin dans Essai critique sur les sciences et les mœurs qui clôt ce dossier, Casanova porte sa dernière estocade contre Voltaire « Son extrême ambition de vouloir être le premier en tout genre a fait qu’il ne l’a été en aucun » !
De quoi mettre l’eau à la bouche et donner envie de découvrir ce couple infernal !

Italo Svevo : La conscience de Zeno



Italo Svevo, littéralement « Italien Souabe » (pseudonyme d’Ettore Schmitz), né à Trieste en 1861, d’un père juif allemand et d’une mère italienne. Il passe une enfance heureuse dans une famille de huit enfants. Eduqué dans des établissements hébraïques, son père l’envoie continuer ses études en Allemagne pour devenir négociant. Il y découvre les grands penseurs classiques allemands. N’ayant plus la force d’affronter la volonté de son père, il se marie et travaille dix-huit ans dans une banque, avant de se tourner vers la littérature. Ami de James Joyce, il s’intéresse à la psychanalyse et ne connaitra la célébrité qu’à l’âge de 63 ans avec Zeno, écrit pendant la Première guerre mondiale et publié en 1923. Il a souvent été comparé à un « Marcel Proust, version italienne » !



« Délicieusement délirant », La conscience de Zeno (éd. Folio, traduction de l’italien Paul-Henri Michel & Mario Fusco), évoque la vie d’un « total anti-héros » : Zeno. « Jeune homme faible, aux yeux rêveurs, cultivé et timide » qui n’a qu’une obsession « devenir différent et prouver son innocence à son père » !
Dans la préface de l’ouvrage, c’est carrément le psychanalyste de Zeno qui nous confie qu’il tient à publier l’autobiographie que Zeno lui a laissée, uniquement par vengeance. Car, ce dernier l’a trahi et n’a pas terminé son traitement.
En préambule du manuscrit, c’est Zeno qui à présent nous explique les difficultés qu’il a dû affronter pour l’écrire.
Vont se succéder dix tableaux aussi délicieux les uns que les autres où l’on aura l’occasion de découvrir en toile de fond, la vie trépidante de la ville de Trieste au début du siècle.
Mais Zeno qui se veut bon élève, se demande par quel bout commencer son autobiographie destinée à son psychanalyste.
Par son addiction au tabac ? Soit. « J’estime qu’une cigarette a une valeur plus intense quand c’est la dernière ». Et des dernière cigarettes, il en a fumé Zeno ! Une fois partie, son analyse ne va plus s’arrêter. Tout va y passer. Son indécision à choisir entre deux métiers. Son addiction aux femmes « Elles ne me plaisaient pas en bloc, mais… en détail ». Son hypocondrie « J’ai toujours aimé lier conversation avec les gars que je ne connais pas. Avec eux, je me sens en bonne santé et en sécurité ».
Arrivé à ce stade, il convient qu’il doit se soigner. Nous pénétrons alors dans son univers, désuet, aléatoire, désopilant. Il essaie d’abord la thérapie par le travail. Puis, par l’étude de lui-même. Par la religion « Si j’avais de la religion, moi, resterais à l’église toute la journée, afin d’être assuré de la béatitude éternelle » ! Dans un second temps, Zeno nous raconte le flop de la mort de son père « chaque fois que je pouvais le faire sans l’offenser, je l’évitais ». Petit chef d’œuvre de ratage total ! Une scène grandiose truffée de profondeur et de réflexions bien plus profondes qu’elles n’y paraissent au prime abord « Quand on meure on a autre chose à faire qu’à penser à la mort » !
Dans un troisième temps, Zeno évoque les circonstances de son mariage « L’idée de me marier me vint par lassitude » ! Tout ça est bien joli, mais comment choisir la bonne entre les quatre filles de son futur beau-père, un filou tordu en affaires ?
N’en dévoilons pas trop et surtout pas par quel biais il aboutit à la moins belle des quatre. Une autre difficulté s’annonce : « Il me fallait alors devenir amoureux d’elle, puisqu’il fallait bien passer par là » ! Et puis après la routine, pourquoi pas le saut dans l’inconnu ? « L’attrait pour une autre femme ne naît-il pas du fait que les charmes de sa femme ont perdu tous les leurs, comme atrophiés par la possession ». Conquérir une maitresse sera-t-il plus aisé que conquérir une épouse ? Pour être crédible, faudra-t-il passer par le mensonge ? Ou se retourner vers le travail ?
Cinquième et plus long volet de ce livre désopilant de mauvaise foi. Zeno s’associe avec son beau-frère qui le nomme « directeur honorifique » dans le seul but de ne pas s’ennuyer, seul, dans son « affaire ». Ils embauchent une jolie secrétaire et un chien de chasse ! Je vous laisse imaginer la suite… Avant d’arriver au dernier chapitre où, en pleine guerre mondiale (qui semble ne le concerner que de très loin), Zeno tire le bilan des six mois de sa psychanalyse avant de vouloir tuer son psychanalyste et ce, avec son objectivité légendaire.
Absolument désopilant !

Lola Sémonin : Aurore et Samir



A peine disparue après la parution du quatrième volet de sa tétralogie sur La vie de la Madeleine Proust (épopée que nous avons suivi dans de précédentes rubriques), Lola Sémonin nous revient. Elle nous offre cette fois-ci, un petit volume tonique, un « roman de jeunesse » : Aurore et Samir (éd. du Citron bleu).
« Aurore n’avait jamais vu un truc pareil […] Le garçon, pas plus haut que trois pommes, a pris son élan pour grimper la rampe en béton du Skate Park et est retombé sur sa planche après un tour sur lui-même, a encore viré et après une glissade sur un rail, il est venu s’arrêter pile devant elle. Sans yeux ont fixé les siens. Sans les lâcher. Des yeux noirs aux longs cils, plantés dans ses si grands yeux bleus ».
Dès la première phrase, nous sommes de plein pied dans cette histoire qui commence par un grand flash. Flash entre Aurore, 9 ans, fille de médecin qui vit au centre de Besançon dans une famille on ne peut plus « normée ». Entre une mère hyper-protectrice et un père « qui passe sa vie au boulot », un frère de treize ans en pleine puberté (qui passe son temps à l’asticoter) et heureusement pour elle, les copines de son école privée.
Et Samir, 9 ans lui aussi. Un gamin débrouillard et livré à lui-même qui vit aux confins de la ville, dans une cité d’immigrés. Skateur « outsider », aussi déluré qu’il peut être, tour à tour, charmant, crâneur, déluré, en tous cas : grand tchatcheur-baratineur et débordant de vie et d’humour. Orphelin de mère, il vit (ou plutôt croise) son père « agent d’entretien qui se tue au boulot » et qui, comme l’avait déjà fait son propre père à lui « venu en France pour la balayer » ! Le père de Samir a bien des qualités, cachées derrière sa grande fatigue, que nous allons découvrir au fil des pages. En tous cas, il est tout sauf directeur de banque, tout comme sa femme n’est pas du tout prof de français, contrairement à ce que prétend Samir à Aurore, lors de leur première rencontre au Skate Park !
Ce qui n’empêche pas leur histoire d’amour de commencer sur le mode « conte de fée et Prince charmant », quand bien même démarre-t-elle sur un gros mensonge ! Des mensonges il en faut bien quand on a que neuf ans et que l’on veut « fréquenter librement et en loucedé ». Et puis, il y a aussi les secrets des amoureux et « deux paires d’yeux qui, même s’ils n’ont pas la même couleur, voient la même chose » !
C’est justement par leurs yeux qui nous allons entrer dans leur histoire, assez banale au départ mais qui, sous la plume magique et à présent bien rôdée de Lola Sémonin, va nous entraîner dans un monde coloré, drôle et désopilant : celui de Samir.
Mais un monde fait également de dures réalités. Différences sociales, interdits parentaux et affiliés. Alternance de sentiments et situations qui monte crescendo entre féérie et cauchemar, avec des scènes à émouvoir le dernier des « pisse-froid ».
A tel point que je mets au défi le lecteur le plus aguerri d’entre vous de ne pas y laisser au moins une ou deux petites (ou grosses) larmes au passage ! Un Roméo et Juliette junior, aux accents modernistes et peut-être une fin moins tragique ? A déguster comme une Madeleine de Proust !

Xavier Baert São Paulo


Xavier Baert est né en 1973, dans le nord de la France. Il étudie la musique à Lille, puis la philosophie et le cinéma à La Sorbonne. Il se consacre ensuite au film de danse, à la fois comme cinéaste expérimental et comme chargé de programmation à la Cinémathèque Française et au Centre National de la danse, où il a l’occasion de travailler avec Georges Didi-Huberman, Christian Rizzo ou encore Lucinda Childs. Il enseigne aujourd’hui le piano classique à Sao Paulo, où il habite depuis 2013. São Paulo, est son premier roman.



Dans Sao Paulo (éd. La ronde de nuit), Xavier Baert nous entraîne, à sa façon peu banale, dans cette ville « qui compte parmi les plus populeuses du monde » et grand centre financier du Brésil.
Commençons par le texte. Il se présente sous la forme d’un reportage. Se lit comme un long poème en prose uniforme, seulement interrompu par des virgules, sans aucun point. Séries de flashs instantanés. Pluie d’images aux relents de Science-Fiction.
Nous pénétrons dans Sao Paulo comme seul un cinéaste pouvait nous y inviter. Juchés à l’arrière d’un skateboard qui descend « en pente douce », de la haute périphérie au cœur de la ville. « Parmi les strates et entrelacs de béton et de verdure, gigantesque jardin tropical et véritable répertoire botanique. Insectes, palmiers, fleurs odorantes bordant les opulents bâtiments aux murs piqués des caméras de surveillance du haut des immeubles protégés de l’élite économique du pays ». Un environnement où seules quelques rares petites maisons ont résisté à la spéculation immobilière. Contrastes d’une « violence géographique qui manifeste une violence sociale ». Extension tentaculaire de la ville, du centre d’affaires aux Favelas. Avec d’un côté, les riches enfermés derrière leurs murs protégés par des caméras. De l’autre, la foule des habitants de rues. Ceux qui se débrouillent avec presque rien, qui mendient devant les supermarchés.
Nous allons alors fréquenter ces jeunes hommes « à la maigreur fondue du crack ». Ce défilé permanent des musiciens des rue, les cariocas funk. « Partition aléatoire et continue ». Deux réalités qui coexistent et ne s’abordent presque jamais « sauf pour la mendicité » ! Peuple des éternels exclus des miracles économiques voués aux petits boulots précaires et incertains. Survivants agonisants muets dans les déchets, victimes d’un capitalisme barbare.
L’autre face du miroir : les hélicoptères des riches qui évitent les embouteillages.
Mais pendant ce voyage d’images suggérées, nous allons également en apprendre beaucoup sur la langue portugaise. Sur le sens caché des milliers de graffitis qui décorent la ville. Sur les monuments. Sur des conditions géologiques très particulières. Sur les performances des danseurs de hangars squattés. Sur la violence quotidienne et les exactions de la police, de la mafia et des gangs. Sur un taux de mortalité impressionnant. Sur les lieux de plaisir pour tous dans la ville. Sur les traces de la magie Macumba. Sur l’omnipotence des Eglises évangéliques. Sur « la communauté nipponne la plus nombreuse en dehors du Japon ». Sur le Carnaval, les manifs gays et féministes pour le droit à l’avortement, dans un pays majoritairement réactionnaire.
Le voyage se termine en apothéose tandis qu’en cette année 2016 a lieu une gigantesque manifestation des familles de Blancs privilégiées pour « l’impeachment » anti-Dilma Rousseff. Epoque charnière, avant le grand basculement ? En tous cas, rapport de force exacerbé et violence latente toujours prête à éclater garantis !
Bref, le Sao Paulo moderne, « vaste résidu des vagues migratoires successives » !

Mathieu Dejean : Science Po, l’école de la domination



Le journaliste Mathieu Dejean, introduit son Sciences PO, l’école de la domination (éd. La Fabrique) par une anecdote significative.
En 2017. Benjamin Griveaux reçoit à Bercy, une délégation d’ouvriers dont l’usine est menacée de fermeture et introduit ainsi la réunion : « Je suis un spécialiste des plans sociaux ». Le délégué syndical : « Ah ! Bon ? Vous en avez suivi combien ? ». « Aucun, mais j’ai étudié la question » …
Ceci pour donner une idée du ton arrogant qu’emploient souvent les individus des « Grands corps administratifs sortis des Grandes écoles », dont Science Po, qui fournit la quasi-totalité des ministres et présidents de la République, depuis plus de soixante ans ! Une école créée en 1872, après la défaite de Sedan et la Semaine sanglante de la Commune de Paris par Emile, le fils de Laurent Boutmy, patron de presse proche de Louis-Philippe ! Calquée à l’époque sur le modèle allemand, Sciences Po se donne pour objectif premier de « réhabiliter la jeune garde bourgeoise par la modernité et le savoir vivre » ! S’appuyant pour ceci sur le vaste réseau d’actionnaires privés, amis de la famille Boutmy qui acquièrent le prestigieux Hôtel de la Bretesche rue St Guillaume, avant de recruter des enseignants sélectionnés.
Mathieu Dejean nous raconte ensuite comment en quelques années, l’école acquière le monopole sur le recrutement des Grands corps d’Etat, après un bras de fer corsé avec la faculté de Droit de Paris. Echappant de justesse une première nationalisation sous le Front populaire en 1936, et une seconde dans les années d’après-guerre. Passage passionnant dans lequel Dejean donne alors largement la parole au feu-historien résistant Marc Bloch, qui dénonce à l’époque les responsabilités des Grandes écoles dans la défaite contre l’armée nazie et leur corrélation avec le gouvernement de Vichy. Et ce, jusqu’à ce que « l’arbitre » De Gaulle siffle la mi-temps, en créant l’ENA.
Mathieu Dejean va ensuite nous raconter les aventures peu banales de Science Po durant les événements de mai 1968, en reprenant toutes les argumentations divergentes pendant cette période.
Nous sommes ensuite transportés sous la gouvernance réformiste de Richard Descoins, ouvertement homosexuel qui jouera un double jeu « subtile ». Ménageant « la chèvre et le chou » entre une « école à la Harvard » d’un côté, et une « école ouverte socialement » de l’autre… Ceci jusqu’aux révélations (à découvrir) non pas, pour une fois, du Canard enchaîné, mais de la Cour des comptes qui vont faire l’effet d’une bombe et ainsi de suite, puisque son successeur sera, lui, poursuivi pour agressions sexuelles !
Comment alors redorer le blason de l’école ? Suspens…
Le dernier chapitre n’est pas le moins triste puisqu’il raconte le rôle joué en sous-mains par le fameux Club du Siècle, qui réunit la « crème de la crème » des politiques, journalistes affiliés et autres …
Aujourd’hui, après 150 ans d’histoire jusqu’aux dernières pressions des activistes féministes à la suite de la longue série de dénonciations d’abus sexuels, Science Po a-t-elle fondamentalement changé d’image ? Que se targue-t-elle de représenter ?
Mathieu Dejean nous livre un long passage à ce sujet, à l’appui entre autres, des derniers sondages réalisés auprès des élèves à découvrir également.

Patrick Schindler, individuel FA Athènes


















PAR : Patrick Schindler
individuel FA Athènes
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Décembre : pas d’hibernation pour le rat noir.
Novembre, le rat noir toujours plongé dans des livres.
lectures d’octobre avec le rat noir
Sœurs ensemble, tu n’es plus seule !
Les vendanges du rat noir. Septembre 2023, un bon cru...
Le rat noir est "in" pour ce mois d’août
Gay Pride d’Athènes 2023 en une seule photo !
Le rat noir répond à l’appel de juin
En mai le rat noir lit ce qui lui plait (mai 2023)
En avril le rat noir ne se découvre pas d’un livre
Athènes . Rendez vous féministe et solidaire était donné le 8 mars
En Arès, le rat noir hellénophile attend le printemps.
Hommage au philosophe, René Schérer
Pour un mois de février à ne pas mettre un rat dehors...
Le rat noir a fait au gui l’an neuf : merveille : son œuf mensuel.
Grèce. Un Rom de 16 ans tué par un policier pour un vol à 20 €
Pour finir l’année avec le rat noir
Commémoration du 17 novembre 1973, hier à Athènes
Ballade en novembre pour le rat noir
Finies les vendanges en octobre, le rat noir fomente en tonneau
"C’est en septembre que je m’endors sous l’olivier." rêve le rat noir
Coming août, voici le rat noir.
Le rat noir lit à l’ombre en juillet
Gay Pride Athènes 2022
En mai, le rat noir lit ce qui lui plaît.
En avril, le rat noir ne se découvre pas d’un livre.
Encore un peu du rat noir pour mars
Le rat noir de mars
Vite, le rat noir avant que mars attaque...
Février de cette année-là, avec le rat noir.
Une fin de janvier pour le rat noir
deux mille 22 v’là le rat noir
Le Rat Noir de décembre...
Un rat noir de fin novembre...
Début novembre, le rat noir est là
Octobre, nouveau message du rat noir
revoilà le rat en octobre
Le message du rat noir, fin septembre
La rentrée du rat noir
La fin août du rat noir
Mi-août, voilà le rat noir !
Le rat noir, du temps de Jules au temps d’Auguste
Le rat, à l’ombre des livres
Interview de Barbara Pascarel
Le rat noir, fin juin, toujours le museau dans les livres
Un bon juin, de bons livres, voilà le rat
On est encore en mai, le rat lit encore ce qui lui plait
En mai le rat lit ce qui lui plait
Fin avril, le rat noir s’est découvert au fil de la lecture
Un rat noir, mi-avril
Une nouvelle Casse-rôle sur le feu !
Qu’est Exarcheia devenue ?
V’là printemps et le rat noir en direct d’Athènes
Le rat noir de la librairie. Mois de mars ou mois d’arès ? Ni dieu ni maître nom de Zeus !!!
Librairie athénienne. un message du rat noir
Le rat noir de la librairie athénienne. Février de cette année-là.
Le rat noir d’Athènes mi-janvier 2021
Le rat noir de la bibliothèque nous offre un peu de poésie pour fêter l’année nouvelle...
Volage, le rat noir de la bibliothèque change d’herbage
Octobre... Tiens, le rat noir de la bibliothèque est de retour...
Le rat noir de la bibliothèque pense à nous avant de grandes vacances...
Maurice Rajsfus, une discrétion de pâquerette dans une peau de militant acharné
Juin copieux pour le rat noir de la bibliothèque.
Juin et le rat noir de la bibliothèque
Mai : Le rat noir de la bibliothèque
Séropositif.ves ou non : Attention, une épidémie peut en cacher une autre !
Mai bientôt là, le rat de la bibliothèque lira ce qui lui plaira
Toujours confiné, le rat de la bibliothèque a dévoré
Début de printemps, le rat noir de la bibliothèque a grignoté...
Ancien article Des « PD-anars » contre la normalisation gay !
mars, le rat noir de la bibliothèque est de retour
Janvier, voilà le rat noir de la bibliothèque...
Vert/Brun : un "Drôle de couple" en Autriche !
Ancien article : Stéphane S., le poète-philosophe libertaire au « Sang Graal »
Algérie : l’abstention comme arme contre le pouvoir
Décembre 2019 : Le rat noir de la bibliothèque
1er décembre, journée mondiale contre le sida : les jeunes de moins en moins sensibilisés sur la contamination
A Paris, bientôt de la police, partout, partout !
Les Bonnes de Jean Genet vues par Robyn Orlin
N° 1 du rat noir de la bibliothèque
En octobre et novembre le ML avait reçu, le ML avait aimé
Razzia sur la culture en Turquie
Ces GJ isolés qui en veulent aux homos !
Service national universel pour les jeunes : attention, danger !
Vers l’acceptation de la diversité des familles dans la loi ?
Une petite info venue de Grèce
Le philosophe à l’épreuve des faits
La Madeleine Proust, Une vie (deuxième tome : Ma drôle de guerre, 1939-1940)
Loi sur la pénalisation des clients : billet d’humeur
Les anarchistes, toujours contre le mur !
Le Berry aux enchères
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le 5 juillet 2023 14:01:19 par Barbara

Moi qui me demandais quoi lire cet été, ouf ça ira. Du triste et du marrant, du connu à relire ( vive Svevo ! ) et du nouveau à découvrir ( les discrètes éditions du Citron bleu )... Merci le Rat noir !