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Littérature
par Sylvain Boulouque le 22 mars 2022

Femmes de l’extrème droite

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Issu d’un travail universitaire, la politiste Magali Della Sudda propose une étude passionnante sur un thème qui prend les études de genre à rebrousse poils, les figures féminines de l’extrême droite. Depuis le début des années 2010 et en particulier après la « manif pour tous » des figures de la droite extrême ont émergé, elles tentent d’imposer un discours inversé dans lequel le féminisme n’est plus libération mais une aliénation.




Ce phénomène d’ampleur est apparu en 2012 suite aux projets de lois sur le Mariage, la GMA et la GPA, dans le sillage des protestations des institutions religieuses (catholiques, juives et musulmanes). Dans les démonstrations publiques, la droite classique et une partie de l’extrême droite ont fait front commun, mettant en avant quelques figures féminines. Des groupes reprenant les mots de la culture classique sont apparus – Antigones, Caryatides – à côtés d’autres inscrivant leur protestation dans la continuité des pratiques religieuses : prière de rue, veille, etc…

L’autrice passe en revue ces différents groupes, qui pour beaucoup ont en commun de reprendre les formes de propagande du nationalisme intégral de la Belle époque et des Ligues des années 1930, s’inspirant de ce que l’historien Zeev Sternhell appelait la droite révolutionnaire. La nouveauté est la diversité des groupes et parfois même de la place des femmes. Si classiquement les Caryatides, émanation du groupe fasciste l’œuvre française devenu Parti nationaliste français, reprennent les thématiques de l’extrême droite traditionnelle : assignement aux tâches domestiques, antiavortement, obéissance,… Les autres groupes innovent prônant un « fémonationalisme », définissant un modèle de femmes occidentales contre les dangers migratoires à des fins de propagande bien évidement. Les groupes proches de Génération identitaire et de ses émanation locales mettent en avant des figures féminines pour ne pas cantonner les militantes une assignation familialiste. Les groupes lyonnais ou niçois mettent par exemple en avant des figures qui animent des clubs de boxe.

Parallèlement, ces groupes possèdent une force de frappe par le militantisme 2.0, le clavier est devenu une arme de propagande massive. En la matière, l’extrême droite a une longueur d’avance et maitrise parfaitement les nouveaux moyens de communication, utilisant des figures féminines pour intervenir dans l’espace publique. Elles mettent ainsi en valeur les modalités d’action pour promouvoir un modèle néo-fasciste.

L’étude fort bien menée n’est qu’un aspect de la politique actuelle de l’extrême droite qui surtout les sujets réussi à inverser le sens des mots et de la logique, ce dans la droite ligne les pratiques et les idéologies totalitaires.

Sylvain Boulouque

Magali Della Sudda
Les nouvelles femmes de Droite
Hors d’atteinte 2022 282 P. 19 €
PAR : Sylvain Boulouque
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