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Dans un sale État
par Elefthéria le 21 janvier 2024

Que veut -on de nous en plus ?

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Je me questionne
Il y a de quoi se poser des questions, au vu de la situation actuelle tout en sachant d’où on vient. Décennie après décennie, gouvernement après gouvernement successif et ce peu importe leurs couleurs politiques, nous assistons, à un moins disant en ce qui concerne les acquis sociaux. Près de nous, la réforme des retraites, puis le R.S.A. sous condition d’activités, la réforme des prud’hommes.
Au niveau, de la soi-disante sécurité, disons plutôt restriction des libertés, fichage, suspicion généralisée.
Répression violente des grèves, manifestations, déploiement d’armes non létales et létales.
Le délabrement programmé des hôpitaux, du secteur des soins, le traitement indigne des personnes ayant atteint le troisième âge en situation de dépendance.
Les scandales financiers et sexuels, venant d’élues et d’élus.
Stop, j’arrête, j’ai trop de sujets, qui me viennent à la tête.

Quoi de plus encore ?
Après cette énumération non exhaustive. Qui se traduit au quotidien par des souffrances réelles aussi bien physiques que mentales. Une vie, une existence contrainte, sans perspective. N’est-ce pas assez ou bien faut-il s’attendre à encore plus de délabrement de nos vies, de moins en moins de liberté, de plus en plus de contrôle individuel et de masses ? À chaque loi votée, ou du moins adoptée, par l’utilisation du fameux 49-3, de façon massive. Des lois qui restent même en changeant de gouvernements issus d’une soi-disant opposition. Quelle est l’étape suivante ? Si on n’y prend garde, oui, il y aura une étape et des étapes suivantes.
Des exemples de contrôle total des populations existent dans de nombreux Etats. Chine, Corée du Nord, Russie par exemple.
En France, nous y allons petit à petit.




Pourquoi se gêneraient-ils ?
Quelle gêne ? En effet du point de vue d’un pouvoir, il n’y a aucune gêne à dominer et contrôler une population. L’histoire peut aisément en trouver des exemples. Soit par la force, soit par la persuasion, cela peut arriver à n’importe quel moment, et ce même en France. Le fichage de la population ne date pas d’aujourd’hui, le ‘’carnet B ‘’sous la III ème république, un fichier répertoriant les suspects français ou étrangers. Suspect de quoi ? D’avoir des opinions politiques ? Un autre fichier ‘’ Le carnet anthropométrique ‘’ pour surveiller les déplacements de nomades sur le territoire français, abrogé seulement en janvier 1969.
Certes, les technologies ayant permis la mise en place de ces ‘’carnets ‘’ ne sont pas les mêmes qu’aujourd’hui. C’est même pire aujourd’hui avec l’utilisation de la technologie, reconnaissance faciale assistée par l’I.A., smartphone mouchard activable à distance.
Les conditions de vie, pourquoi se gêneraient-ils aussi ? Même si nous étions réduits à l’état de simples outils de production sans salaire, vivant dans des conditions misérables, du moment qu’une force de répression maintient l’ordre, tout irait bien pour le gouvernement. Impossible ? Non pas du tout, quelques millions, voir des dizaines de millions de personnes de par le monde sont en situation d’esclavage, pour des usines ou des camps de travail. Comme les Ouïghours par exemple ou les prisonniers de droit commun en Chine. Des esclaves qui produisent nombre de biens qui se retrouvent dans nos magasins.
Parlons aussi des travailleuses et travailleurs, vivant sous le seuil de pauvreté avec néanmoins un salaire, partout dans le monde. Une grève ? La répression étatique et policière fait tout rentrer dans l’ordre.
Croire qu’en France des choses pareilles ne seraient pas possibles, n’est qu’une illusion. Déjà comme que je l’ai expliqué plus haut, une nette tendance à la domination sociale et au moins-disant social, existe et se développe. Les lois permettant la surveillance et le contrôle brisent les digues législatives censées les en empêcher. La méthode du petit à petit, fonctionne bien. À quand le passage en force et l’extinction de tous les droits inaliénables, relatifs au respect de la dignité humaine, à la dignité sociale, à la dignité psychologique ?

Le point de non-retour ?
Oui il existe bien un point de non-retour. Comment faire dans une zone géographique où un gouvernement sait tout de vous en permanence, sait à qui vous parlez, qui vous rencontrez, ce que vous achetez, à quelle heure, vous vous endormez, à quelle heure vous regardez la télé, ce que vous consultez sur internet, sonorise et « vidéoïse » votre domicile grâce à votre smartphone. Sait où et quand vous allez dans les rues. Et par l’utilisation de ces données, en déduit, votre passivité, votre adhésion, votre opposition au gouvernement selon des critères obscurs et arbitraires. Non vous n’êtes ni en Chine, ni en Russie ni en Corée du Nord, tout ceci est possible dans tous les pays grâce à nos objets informatiques connectés.
Et dans ce cas, pourquoi payer et offrir des conditions de vie décentes pour un travail ?




Constat
Triste et inquiétant constat n’est-ce pas ? Pour certaines et certains, ceci n’est pas envisageable chez nous, car la démocratie et les constitutions nous protègent. Ou relativisé ou ignoré quand cela se passe ailleurs et cet ailleurs n’étant pas forcément si loin, du moment qu’ici tout à l’air d’aller pas trop mal et du moment qu’on n’a rien à se reprocher. Le déni, que voulez-vous ! Sauf que le ‘’ je n’ai rien à me reprocher ne protège en rien ‘’ ce n’est pas la question. Soit vous vous pliez avec les standards ou les nouveaux standards qui contraignent tout un chacun dans un Etat autoritaire ou pseudo démocratique, et ce qui n’était pas reprochable avant, le devient maintenant.
De plus la peur n’évite pas le danger. La peur du contrôle, de la suspicion, de la répression, n’évite pas le danger. C’est sur la peur, la crainte que tout pouvoir se base pour opprimer et faire taire toutes critiques et demandes de liberté. Vous n’avez aucune garantie que votre soumission vous préserve de quoi ce soit, bien au contraire. On vous demandera de vous soumettre de plus en plus sous peine de sanctions.

Pourquoi tant d’autoritarismes ?
La montée des partis autoritaires, qui accèdent aux gouvernements, par le biais des urnes, répond aux demandes de stabilité de certaines populations. Or de stabilité, vous n’en aurez pas, et vous n’aurez pas non plus la résolution des situations de crises. La répression vous en aurez, les guerres aussi.
Les gouvernements, déjà au pouvoir actuellement, dirigeant des Etats de pseudodémocratie, savent se durcir aussi bien que des pouvoirs autoritaires et dictatoriaux, face aux revendications de libertés, de respect des droits de l’homme et sociaux. Et pourquoi ? Parce que les gouvernants et gouvernantes et parfois même les partis de la soi-disante opposition craignent de perdre le pouvoir ou les avantages de faire partie du système même en étant dans un parti n’appartenant pas ou partiellement aux institutions d’Etat. Nul besoin de donner des exemples uniquement basés sur des faits en France, même récents, car tous les jours dans bien des pays, la répression se déchaîne.

Que faire ? Espoir !
Rien n’est inéluctable. Le pouvoir ne tient que par notre docilité, notre coopération contrainte. Et la répression. Les technologies de surveillance, de répression, de coercition, avec du temps, peuvent être contournées. Ne rien faire est encore pire, se faire toute petite, tout petit en attendant que quelqu’un agisse pour vous, c’est attendre en vain et mourir en ayant eu une vie d’attente et souffrances qui ne vous aura servi à rien. Les terrains de lutte sont les mêmes que par le passé (social, liberté, autogestion, etc.) Seules les techniques de lutte doivent changer. Ce qui est quand même rassurant c’est que nombres de publications sur internet battent en brèche ce que le pouvoir et les médias veulent nous laisser croire. Un nombre très important de livres portant sur des thématiques diverses et variées sur les terrains de luttes existent. En un an je ne pourrais lire que quelques petits pour cent de la totalité d’une année de production livresque militante. Réfléchir avant d’agir, s’adapter aux nouveaux moyens de répression et de surveillance. Partir au combat sans réfléchir, c’est s’offrir à la répression, aux coups, aux blessures, la mort, la prison. Tout ce que recherchent les Etats pour ensuite monter en exemple cette répression pour faire peur et inhiber la contestation. Faisons-nous confiance, dans le refus, dans la réflexion, il adviendra des contestations des méthodes de contestations efficaces. Se regrouper et faire confiance à l’autogestion qui, au contraire de groupes hiérarchisés, permet aux participantes et participants de faire émerger une intelligence collective. Il n’y pas de solution toute faite, et l’échec dans certains cas est un apprentissage à ce qu’il ne faut pas reproduire ou améliorer. Garder espoir et lutter toujours, et encore.

Elefthéria
Group Commune de Paris.
PAR : Elefthéria
Groupe Commune de Paris
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