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Chroniques du temps réel
par Evelyne Trân le 12 août 2019

au poète orgueilleux

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Vous seriez vous fait justice vous-même, ce jour-là où vous avez glissé. Voix inaudibles, voix des montagnes, voix des villes, vous les aviez toutes en vous. Mais vous, vous qui vous êtes frayé un chemin à travers toutes ces voix, vous ne vous souvenez plus. Aujourd’hui dort dans le creux de vos mains. Marche ou crève, pensiez-vous. Il fallait que la liberté qui est un honneur déborde de vous-même : chaise qui roule sur l’eau, papillons gigantesques qui hantent ou butinent les murs de la Défense. Il n’y avait pas de cause entendue derrière chaque chose, il y avait ce que vous entendiez vous de gesticulaire, d’incroyable, de grotesque ou de tout petit et même veule à qui vous offriez l’aumône d’un mot, d’une parole en grand seigneur. Se soumettre, vous n’y pensiez pas. Parcours de combattant ou parcours de magicien pris à son propre piège d’avoir aimé, d’aimer encore jusqu’au trop plein.

Il y a l’écho de votre intransigeance fragile pour voir à travers un sac de pierres comme dans chaque main un signe, un signe de reconnaissance.
Prête-moi ta main, prête-moi ton visage. Quand certains parlent avec leurs pieds, d’autres ont le regard si triste qu’ils ne comprennent pas l’oiseau qui s’y niche.

Qui convaincrez vous visages ratatinés, corps sans ombres ? Vous convaincre de quoi ? Que la vie est un voyage, que tout s’y mêle : bonheur, enfantement, déceptions, folie et mort.

Nous avons parlé plusieurs langues, plusieurs pays et voici que nos feuilles se rapprochent. Quelque part l’amour vaut bien une chandelle.
Je regarde encore l’oiseau à qui vous avez rendu la liberté, Monsieur le magicien. Des mots pour le dire, pour poursuivre le voyage pour les laisser passer ceux qui font battre notre coeur, ces voix entremêlées qui surgissent aussi bien de l’ombre que du ruisseau.

C’est bien la moindre chose, tout de même d’avoir vécu que d’exister encore !
PAR : Evelyne Trân
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