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par Evelyne Trân le 26 avril 2020

Suite des entretiens à bâtons rompus de Patrick KIPPER

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avec Jérémie Jeandidier et le concours de Fabien Roland et Evelyne Trân.

Je suis né en 1947.
C’est l’après-guerre, une très grande période pour la chanson de paroles qui n’existait pas auparavant. A l’exception de Charles Trenet qui est vraiment le grand précurseur de l’avant-guerre en France.




Il n’y avait que des chansons de la réalité, de divertissement. Il n’y a pas de chansons de paroles. Il n’y a que Trenet.
La France est en pleine effervescence après la guerre et la jeunesse est insatiable de plaisirs.
Il n’y a pas que la chanson. C’est l’essor du jazz.
C’est Saint Germain-des-Près.
Ce sont des nuits à danser, à boire. Et la chanson de paroles on commence à l’écouter dans les cabarets même ceux de jazz comme celui de Claude Luter.




Je ne fais pas partie de cette jeunesse. Je suis né juste après-guerre. Mais je vais être touché très tôt par la chanson grâce à un personnage qui va conditionner tout mon futur de chanson et de politique. C’est Brassens.
Je le découvre dans une vitrine de vendeur d’électroménagers. A l’époque, les postes de télévision étaient une attraction en vitrine. Je parle des années 54/55.
Forcément, ces postes de télé, on les voyait de l’extérieur. On ne voyait que les images sans le son. Je me souviens très bien de la première fois où j’ai vu Brassens.




Je ne savais pas qui c’était.
Ce jour où je me suis arrêté devant les postes de télévision, il y avait un chanteur à guitare moustachu. Le visage de cet homme est resté gravé dans ma mémoire d’enfant. C’était mieux que le père Noël.
A cette époque-là, la chanson de paroles avait droit de cité à la radio. Il y avait juste la radio nationale et la radio périphérique.
Il n’y avait que la chanson qui passait pendant les pauses musicales, la chanson française et un peu de jazz.


Les chanteurs de cabaret et de music-hall passaient à la radio. En entendant Brassens à la radio, j’ai fait le rapprochement avec le monsieur que j’avais vu sur le poste de télé dans les années 55/56,
Quelques années passent avant que je découvre qui est vraiment Brassens. Dès mes 13 ans, je commence à l’écouter.
Chez moi il n’y a pas de disques et de tourne- disques. Il n’y a pas de télé, il n’y a pas de bibliothèques, pas de journaux. Je suis pauvre parmi les pauvres.
Je vais commencer à travailler à 14 ans et 13 jours dans une fabrique de jouets.
J’ai commencé à faire de la bicyclette aussi, c’est mon autre grande passion, le vélo.
Ma première paie 38 francs je m’en rappelle. Il y avait 10 francs pour moi. Au fur à mesure j’économise.
Je m’achète un Melovox qui est une sous-marque de Pathé Marconi. C’est un tourne disque. Et je m’achète un premier disque, un 33 cm de Brassens, On est au début des années 60. C’est les années yé-yé.
Je ne suis pas hostile au yé-yé mais ma passion c’est vraiment Brassens.
J’ai plein de disques à acheter mais il faut des sous pour ça, alors j’achète le 33 tour le plus récent. C’est à ce moment aussi que je découvre Léo Ferré qui me plaît beaucoup.




Et Félix Leclerc qui me plait beaucoup aussi.




En même temps j’aime bien Françoise Hardy. Je vais acheter “Tous les garçons et les filles”.




J’aime beaucoup Jacques Dutronc. Tout ça c’est cher.




Par contre autour de moi, personne n’aime les chansons de paroles. Mes copains de mon âge, ça les concerne pas du tout.
Ils me charrient souvent, ils me disent que j’aime des chanteurs de vieux.
En réalité ce n’est pas ça du tout car nos parents n’écoutent forcément pas ça. Ils écoutent des chansons de divertissement.
Ils n’écoutent ni Brassens, ni Léo Ferré, ni Félix Leclerc et encore moins les chanteurs de cabaret.
Dans les années 60, les cabarets existent encore. Ils ont éclos après-guerre. Les cabarets, ça a duré 20 ans de 1945 à 1965.
Brassens a débuté dans les cabarets comme Ferré qui a eu beaucoup plus de mal que Brassens à en sortir.
…/…

PAR : Evelyne Trân
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