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Chroniques du temps réel
par Evelyne Trân le 22 mars 2020

Avoir ou ne pas avoir le coronavirus

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Avoir ou ne pas avoir le coronavirus, that is the question. Hélas, en cette période de guerre, les indécrottables amateurs de théâtre s’ils réchappent, pourront se consoler en se disant qu’en tant qu’aspirants dramaturges, ils ont entre les mains le matériau brut nécessaire à une création théâtrale de type shakespearien ou existentialiste.

Que dirait Hamlet dans cette galère ou les héros du huis clos de Sartre ? S’agit pas de plaisanter tout de même ! L’humour ça ne passe pas en période de guerre, c’est dommage mais c’est comme ça !

Bon et puis de toute façon, nous n’avons pas le recul, il faut vivre avec cette épée de Damoclès, la suspicion d’être porteuse ou porteur du virus. Je les entends déjà fondre sur moi dans une sorte de happening assez éprouvant : C’est de ta faute s’il l’a attrapé, tu es sortie, tu n’as pas assez badigeonné tes mains avec ce gel introuvable, tu ne t’es pas masquée avec ces masques introuvables, c’est de ta faute, honte à toi !!!

En attendant la mise au pilori, la réprobation de l’entourage, il ne me reste plus qu’à deviser avec moi-même.

L’atmosphère de fin du monde qui règne dans le petit village où je vis, est vraiment tristounette. Munie d’une attestation manuscrite, je me rends en bus au supermarché des environs. Chouette, le bus est vide. Franchement ça fait bizarre, serais-je la seule survivante du village ? Le conducteur masqué est muet, une chaine le sépare des possibles voyageurs qui doivent rentrer à l’arrière. Au supermarché ou à la pharmacie, les clients sont priés par un agent municipal ou un vigile de respecter la distance d’un mètre et d’entrer au compte-goutte. Les employés qui s’affairent dans les rayons sont quasi muets. Pas de rire, pas de sourire et évidemment on ne voit plus aucun enfant.

Les oiseaux inconscients continuent à gazouiller. Le soleil rit désespérément : qu’est-ce que je fous là s’il n’y a plus personne à ensoleiller ?

Zut ! Je vois tout de même de rares passants promener leur chien. Il n’y a plus que la télé comme interlocuteur, pensez-vous. Ne faites pas pleurer dans les chaumières ! Que le soleil rie, que la pluie pleuve, que le vent vente ! Quant aux humains, il faudra bien qu’ils trouvent une solution car la nature commence à ruminer contre leur absence !

Eze le 18 Mars 2020

Evelyne Trân

PAR : Evelyne Trân
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