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Actus anarchistes
par Ramón Pino le 15 avril 2019

anarcho-léninistes ( ?), anarcho-capitalistes (??), anarcho-collabos (!!)

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Le texte ci-dessous est une réponse à un commentaire envoyé. Habituellement, ayant la responsabilité de la gestion de ce Monde libertaire en ligne, je vire sans remords ni regrets les commentaires qui se contentent d’insulter sans apporter la moindre analyse du pourquoi du comment. Ce commentaire en question parle d’anarcho-collabos... Impossible de ne pas relever. Et puis cela permettra également de mettre en lumière une association de libertaires... Bernard (CRML)



Celui (ou celle) qui signe Libertad est visiblement plus à l’aise dans l’anathème que dans l’argumentation. Bien qu’habituellement je ne discute pas avec les imbéciles parce que ça les instruit (oui, je sais, elle n’est pas de moi celle-là), en tant qu’anarchiste et membre de cette association 24 août 1944, je me permets d’apporter quelques précisions à Libertad, histoire d’éclairer un tant soi peu sa lanterne.




Cette association, composée de libertaires membres de différentes organisations ou non organisé-e-s, a pour but de faire connaître et de cultiver la mémoire historique (écrite, enregistrée, iconographique, artistique, etc.) de la Libération de Paris en 1944, en liant cette célébration à la participation des antifascistes espagnols de la 2èDB, en exposant toutes les facettes de cette lutte commencée le 19 juillet 1936 en Espagne et continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique, et plus particulièrement dans les maquis en France. Pour beaucoup de femmes et d’hommes, elle se prolongea dans le combat contre le franquisme, jusque dans les années 60. L’association 24 août 1944 prévoit, entre autres, de réaliser des recherches, d’animer des débats, de présenter des expositions, de diffuser et de réaliser des films, de publier des documents et d’organiser des évènements commémoratifs et festifs.
Nous le faisons dans des établissements scolaires (sur le territoire français), dans des musées (Belgique, Espagne), dans des salles municipales (et pas seulement à Paris) etc. Que Libertad se rassure, nous ne « collaborons » pas, et je peux même dire (en tant qu’anarchiste) que ce sont plutôt certaines entités (comme la Mairie de Paris) qui « collaborent » avec nous, en mettant à notre disposition salles et lieux divers qui nous permettent de rappeler ce que furent ces républicains espagnols en général, et anarchistes en particulier.
Que nous demande-t-on en échange ? Rien. C’est nous qui élaborons le thème de nos débats, et c’est nous qui les animons, sans que qui que ce soit ait un contrôle ou un droit de regard sur nos propos (Mairie de Paris ou autre). Ça nous permet de rappeler inlassablement que les libertaires espagnols après avoir pris les armes en Espagne contre Franco et les militaires putschistes, après avoir mis en place en même temps un programme révolutionnaire social et collectivisé une grande partie de l’industrie et des campagnes, après avoir tenu bon pendant près de trois ans, n’ont pas hésité à poursuivre la lutte en France occupée par l’Allemagne nazie et secondée par le régime de Vichy. Ils l’ont fait en participant aux nombreux maquis de la Résistance ou en rejoignant les Forces Françaises Libres ; ils n’ont pas combattu pour libérer Paris ou la France, Ils ont combattu pour la liberté. Notre association 24 août 1944 a la faiblesse de croire que pour faire connaître le rôle joué par les libertaires espagnols dans l’Espagne de 1936, dans la France des années 40, puis au cours des années 50, 60 et 70, de nouveau en Espagne dans la lutte anti-franquiste, notre façon de faire est plus efficace que de rester exclusivement entre nous, dans un cercle plus que restreint d’anarchistes convaincus.
C’est ce j’aurais pu dire à Libertad s’il (elle) avait essayé de se renseigner un minimum sur nos activités, plutôt que de balancer deux ou trois insultes en guise d’argumentaire.

Ramón Pino
PAR : Ramón Pino
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le 19 avril 2019 23:06:35 par Fabien VINCE

En tout cas, l’analyse mi-37 des Amis de Durruti était que pour abattre le fascisme il fallait d’abord abattre la république. Mais la tête de la CNT a collaboré, devenant républicaine, condamnant maintenant à défiler derrière un drapeau républicain, çàd donc pré-fasciste... Je ne jette pas la pierre, j’explique un point de vue qu’il ne faudrait pas rejeter.