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Actualité de la librairie
par Animation Publico le 24 août 2020

Les rendez-vous de Publico. Proposés le 24 août.

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Publico n’est pas qu’une librairie...

Samedi 05/09 à 19 h
Leïla Herichi et Stéphane Polsky | Cahier de vacances des Gilets Jaunes




Gilet Jaune ? pas Gilet Jaune ? pour ? contre ? ou même indifférent·e ? Ce livre est fait pour vous !
Quatre-vingt-une questions pour bousculer les préjugés et mieux comprendre – loin des médias dominants – le mouvement débuté le 17 novembre 2018.
La portée de ces questions est historique autant que pédagogique. Elles rappellent la genèse du mouvement, ses revendications, ses grandes figures, son fonctionnement, ses défenseurs, ses opposants, sa philosophie, ses outils d contestation et de médiatisation…
D’activités ludiques en traits d’humeur, et de traits de contestation en illustrations, plongez dans le plus long et remarquable mouvement d’émancipation français depuis Mai 68 – un mouvement de résistance pour la justice sociale, fiscale, écologique : démocratique en un mot.
A vous de jouer !
Entrée libre

Vendredi 11/09 à 19 h 30 :

Jean-François Dupeyron | A l’école de la Commune de Paris




La Commune de Paris fête son 150ème anniversaire en 2021. Sa pensée éducative et son action effective en matière scolaire sont encore très peu connues car le modèle dominant de l’histoire scolaire française les oublie systématiquement.
Pourtant, la première laïcisation des écoles publiques fut l’œuvre de la République de Paris dès le 2 avril 1871. De même, celle-ci, dans les conditions extrêmement difficiles que lui imposa le second siège de Paris, entama la construction d’une école inspirée par la pensée pédagogique des divers socialismes du XIXe siècle. La notion d’éducation intégrale fut au cœur de cette approche d’une éducation nouvelle, qui voulait « qu’un manieur d’outil puisse écrire un livre, l’écrire avec passion, avec talent, sans pour cela se croire obligé d’abandonner l’étau ou l’établi ».
Cet ouvrage se consacre à l’étude de l’œuvre scolaire de la Commune de 1871 et propose de réhabiliter une histoire pédagogique presque totalement méconnue : celle qui va des projets pédagogiques ouvriers dès les années 1830 au projet syndical d’école rouge de la jeune CGT avant le premier conflit mondial, en passant par l’école nouvelle élaborée par la Commune.
C’est donc la conception et l’histoire d’une autre école qui nous sont présentées ici : ni l’école étatique des « républicains d’ordre », ni l’école confessionnelle des congrégations religieuses, mais une école émancipée construite par et pour le peuple.
Jean-François Dupeyron est enseignant-chercheur en philosophie de l’éducation à l’Université de Bordeaux. Membre de l’équipe de recherche SPH (Sciences, Philosophie, Humanités), il travaille sur les questions d’école et d’éducation.
Entrée libre

Samedi 19/09 à 16 h 30 :

Brigitte Brami | Surtout ne pas nuire




« Chère Docteur, cette lettre s’achève, j’espère que la machine de guerre qu’elle contient a été assez déflagratrice et que le chant d’amour qui s’y trouve également a obtenu votre grâce. Mais je ne sais que trop bien que mes pauvres mots seront impuissants et qu’à l’effet produit par l’intelligence et l’élégance du verbe, vous préférerez inlassablement celui dû à la bosse présente dans le boxer de vos patients.
N’importe quel débile mental bien monté trouvera grâce à vos yeux. Je n’ignore également pas que vous nierez avec force cette indéniable vérité en lisant ces lignes, et que vous vous prétendrez scandalisée par mes propos que vous jugerez hautement fallacieux. Indigne et nécessaire cette lettre s’achève, elle est aussi crade que l’Abominable Mâle absolu, ce bouffon, aussi belle que vous l’êtes et aussi poétique que je le suis.
Pour me guérir de vous, il me fallait trouver quelque chose de plus beau que vous, de plus rassurant et de plus fort aussi, ce n’était pas gagné, c’était même une véritable gageure. Je l’ai trouvé ; c’est le poème ».
Ce texte inclassable, aux allures de minutes d’un délibéré judiciaire et au style limpide, cru et poétique, est un édifiant et violent réquisitoire moral à l’encontre d’une femme médecin hors normes qui a dérogé à ses devoirs déontologiques en cédant aux charmes d’un de ses patients : l’Abominable Mâle absolu, ce bouffon.
C’est aussi un magnifique et poignant chant d’amour que lui adresse la narratrice.
Entrée libre

Vendredi 02/10 à 19 h 30 :


Sur les chemins d’Abel Paz




Pour fêter la parution, au printemps 2020 à Paris, de Scorpions et figues de Barbarie. Mémoires 1921-1936, d’Abel Paz (Diego Camacho Escámez), voici le salut de Raoul Vaneigem à l’ami Diego, prologue du livre.
« Sur les chemins d’Abel Paz », des rencontres avec María Antonia Ferrer, Fernando Casal (auteur·e·s de Geografía de Abel Paz, Ediciones Libertarias, Madrid, 2019) et Marc Tomsin (éditions Rue des Cascades, Paris) auront lieu à Montpellier, le 1er octobre au Centre Ascaso Durruti ; à Paris, le 2 octobre à la librairie Publico ; à Marseille, le 3 octobre au Centre international de recherches sur l’anarchisme ; à Toulouse, le 6 octobre au Centre de recherche pour l’alternative sociale.
Il n’est pas d’existence ordinaire qui ne détienne secrètement un trésor. Il nous échappe le plus souvent quand s’égare la clé des rêves avec laquelle joue notre enfance. L’âge adulte la perd délibérément, tant l’éducation s’emploie à nous la dérober. Il faut que l’histoire nous secoue pour que soudain, nous la retrouvions.
L’histoire personnelle de Diego s’est heurtée à l’histoire faite par tous et contre tous. Il y était préparé. Son rêve s’appelait révolution. C’était une idée qui, bien sûr, flottait dans l’air du temps. Mais ce temps était immémorial et l’idée s’était coagulée dans une réalité où soumission et insoumission se chevauchaient dans un tumulte incessant.
Ce que le feuilletoniste Eugène Sue avait appelé Les Mystères du peuple avait sa source dans une fatalité où depuis des millénaires les opprimés rampaient terrorisés par les maîtres, eux-mêmes rongés par la peur d’une révolte toujours imminente. Diego a vécu, comme des millions d’autres, cette existence laborieuse immensément lasse et si débordante de désirs qu’à portée de la main une vie nouvelle devenait tangible.
Le cours anecdotique du quotidien mérite une analyse que lui refuse une histoire plus intéressée par le relevé des événements que par la genèse de leur accomplissement. Dans le constat, ce qui est fait est fait et appartient au passé, dans la genèse quelque chose n’a pas fini de naître, il est de nature à troubler le présent, il constitue une menace pour l’ordre des choses, il dérange l’appareil économique et étatique qui réifie le présent, l’empaquette comme une marchandise et oublie que ce qui est vivant brise aisément un tel emballage.
C’est de l’existence toujours délabrée, toujours reconstruite que naît la vraie révolution, j’entends celle qui fait d’une vie vécue sans contrainte, sans hiérarchie, sans bureaucratie la base d’une société humaine. Les collectivités libertaires de la révolution espagnole de 1936 ont eu le temps de démontrer qu’une telle société était possible. L’insurrection de la vie qui monte en France, en Algérie, au Soudan, au Mexique, au Rojava est issue de la mémoire du vécu dont la pensée dissipe les cauchemars et, sous les apparences du futile, éveille à la réalité des rêves.
En parcourant ces pages, il m’est revenu un propos de Diego. Lui qui avait senti sur sa nuque l’acier froid du pistolet d’un tueur phalangiste aimait répéter : « J’ai pris le fusil mais je n’ai jamais tué personne. » J’aime à penser qu’il y a dans cette énergie vitale, qui l’a toujours guidé et dont nous sommes dépositaires, une puissance qui avance sur tous les fronts, ne tue pas et ne cède pas d’un pouce.
Raoul Vaneigem
août 2019
Entrée libre

Publico. La librairie du Monde libertaire. 145 rue Amelot 75011 Paris





PAR : Animation Publico
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