Luttes syndicales > Compte rendu de la manifestation du 9 octobre 2018 à Metz
Luttes syndicales
par Frédéric Pussé le 16 mai 2018

Compte rendu de la manifestation du 9 octobre 2018 à Metz

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Afin d’offrir une visibilité à la Fédération Anarchiste et à son projet de société, le fédéralisme libertaire, et par conséquent, afin d’être en mesure de peser dans le débat, nous, le Groupe de Metz de la FA, avons décidé de participer à la manifestation interprofessionnelle et intersyndicale du 9 octobre dernier dans notre ville, malgré les divergences criantes qui nous opposent à la plupart des différentes entités du cortège.

Environ trois mille manifestant.es (Espérons au moins pour moitié, des grévistes) de tendances diverses (On reste à gauche tout de même hein !?) se sont donc retrouvé.es pour crier ensemble leur colère à travers les rues messines. Bien que, comme l’exprime si bien la motion de notre dernier congrès, la colère monte et ça gronde, la manifestation se déroula toutefois une ambiance sympathique et plutôt détendue. La présence policière ne fut pas excessive, malgré le petit troupeau d’argousins en civil marchant (discrètement !?) en marge du défilé, des « Men in black » vite repérés et sitôt fait, gentiment chambrés par les mégaphones syndicalistes. Les slogans distillés par les mêmes mégaphones, extrêmement virulents pour certains, grossiers et injurieux pour quelques autres, ont fusé tout au long de la manifestation qui dura, en tout et pour tout et à peu de chose près... trois heures.
FO, CGT, Solidaires et FSU réunissaient bien sûr le plus gros des manifestant.es. Que dire de ces partisan.es mélanchonistes de La France Insoumise, agitant joyeusement le drapeau bleu-blanc-rouge, même flanqué du logo (rigolo) de leur parti républicain et autoritaire ? Je crois que l’on voit rarement d’authentiques insoumis.es brandir les couleurs de leurs bourreaux ! Bref, passons. Le Front Social, fort de son large rassemblement hétérogène, s’est bien montré et s’est bien fait entendre. Bien que moins nombreu.ses.x, il en a été de même pour les lycéen.nes, pour la plupart sous la bannière de l’UNL et semblant encadré.es par des cégétistes !? D’ailleurs, certains d’entre ces derniers nous regardaient, nous les drapeaux noirs, d’un mauvais œil. D’autres partis et organisations encore, plus modestes, des anonymes aussi, certain.es arborant des pancartes faites maison, ont battu ensemble la pavé messin, tous unis CONTRE les mêmes maux mais, pas forcément POUR les mêmes remèdes.
Pour notre part, nous étions quatre (sur cinq ; tu nous a manqué Pierre) de notre groupe, et nous avons marché, comme c’est notre habitude maintenant, au côté de nos camarades de la CNT. C’est, nos drapeaux flottant au vent, que nous avons distribué nos tracts (Les derniers tracts fédéraux, Vive la grève et Ça gronde notamment) ainsi que les petits livrets, Défaites-vous de vos idées reçues sur l’anarchisme, tout en placardant, tout au long du parcours, nos autocollants fédéraux divers et variés. Des personnes sont venues vers nous, nous sommes allés vers d’autres, et avons ainsi noué quelques contacts.
Une bonne moitié de la population rencontrée et ne prenant pas part à la manifestation a réagi plutôt positivement, tandis que l’autre moitié se montra indifférente, refusant pour certain.es nos tracts, et poursuivant leur chemin ou leur activité comme si rien ne se passait autour d’eux. Faire semblant de rien, tourner la tête, fermer les yeux, ne pas voir, ne rien entendre, ne pas chercher à comprendre, se résigner ou condamner bêtement sans savoir sont encore des réactions que l’on voit trop couramment, surtout venant des classes non favorisées, malheureusement souvent abruties et aliénées par le cirque télévisuel et, plus généralement, par la masse des médias capitalistes et étatiques. Personnellement, j’ai été attristé par cet ouvrier, l’épaule contre son échafaudage, les vêtements, le visage et les cheveux copieusement encrassés par le travail pénible du bâtiment, regardant incrédule et d’un œil méfiant le cortège qui défilait devant lui, et qui refusa sèchement le tract que je lui tendais, ainsi que tout dialogue. Moi qui pensait, un peu naïvement peut-être, trouver là un allié !

L’éducation populaire que nous, anarchistes et libertaires, prônons, à encore un bon bout de chemin à parcourir avant de parvenir à tous.


PAR : Frédéric Pussé
groupe de Metz
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