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Nouvelles internationales
par Nader Teyf le 5 septembre 2022

Iran : onze ans de prison pour un livre

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Aucune prison n’est mieux qu’une autre, mais en Iran certaines sont pires pour faire plus de pression sur les prisonniers, en particulier quand il s’agit de prisonniers politiques. C’est pourquoi les autorités pénitentiaires ont décidé de transférer Arach Gandji de la prison d’Evine à celle de Radjai-chahr, le 31 août dernier. En plus ils l’ont mis dans le quartier d’isolement de celle-ci. Mais qui est Arach et pourquoi est-il en prison ?

Arach Gandji est un écrivain-traducteur membre de l’Association des Écrivains d’Iran*. La police politique l’a violemment arrêté le 22/12/2019 chez lui. Il a été ensuite libéré sous une lourde caution avant son procès qui a eu lieu en décembre 2020. La pseudo-justice de la République islamique a condamné Arach à onze ans de prison pour plusieurs chefs d’accusation. Mais son avocat a déclaré qu’un seul était la cause principale de sa condamnation, celui de traduire un livre sur la Révolution du Rojava, la région rebelle autonome dans le nord et le nord-est de la Syrie.




Arach a traduit un livre qui a pour titre en persan : « Petite clef d’un grand but, la révolution du Rojava ». Ce livre comprend plusieurs textes écrits par différents écrivains. Il explique la révolution et les méthodes d’organisation. C’est cela qui effraie l’appareil répressif des mollahs qui ne supporte aucun texte où l’on raconte comment les gens peuvent autogérer leurs affaires. C’est pourquoi Arach a commis un acte « contre la sécurité de l’État » aux yeux du régime islamique d’Iran.

L’Association des Écrivains d’Iran a publié un communiqué le 3 septembre. Elle précise qu’Arach a une maladie cardiaque. Son isolement aggravera celle-ci. Son transfert l’a éloigné de ses proches qui auront plus de mal à lui rendre visite. L’Association précise que les responsables pénitentiaires ont décidé d’envoyer Arach dans une autre prison et en quartier d’isolement car un rapport, sous forme d’enregistrement sonore, est sorti de la prison d’Evine où l’on explique les conditions inhumaines de détention. Bien qu’Arach ait nié son rôle dans la publication du rapport, le conseil disciplinaire de la prison l’a pris comme le principal instigateur.

Le transfert et la mise en quartier d’isolement mettent de plus en plus la vie d’Arach en danger, juste pour avoir publié un livre sur un espoir : Rojava, révolution, autogestion.

Nader Teyf
Le 04/09/2022

L’Association des Écrivains d’Iran a été fondée sous la dictature du Chah en 1968. L’un de ses buts est de lutter contre la censure et pour la liberté sans limite et sans condition de toute œuvre littéraire ou artistique. Aussi bien l’ancienne dictature que celle des mollahs ne l’ont jamais supportée. Souvenons-nous de Mohammad Mokhtari et Mohammad-Djafar Pouyandeh, deux de ses membres qui ont été kidnappés puis assassinés et laissés sur des routes désertiques en décembre 1998 par le personnel du ministère du Renseignement, la police politique.
PAR : Nader Teyf
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