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Dans un sale État
par Hélène Hernandez le 18 octobre 2020

Marches des solidarités, Paris le 17 octobre

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Depuis plusieurs semaines, les Marches des Solidarités, « On marche vers l’Elysée », parties des 4 coins de la France, ont convergé à Paris ce 17 octobre. Cette date résonne comme l’anniversaire du massacre, par la police, de centaines d’algériens, exécutés ou jetés à la Seine. C’était Maurice Papon, préfet de police de Paris et ancien fonctionnaire de Vichy, qui était à la commande. C’est lui qui imposait le couvre-feu aux seuls « Français musulmans d’Algérie », avec interdiction de circuler dans les rues de Paris et de banlieue de 20 h 30 à 5 h 30. Et c’est pour protester contre ce couvre-feu discriminant, que sur appel du FLN, de nombreux cortèges venant de la banlieue se sont rassemblés de manière non-violente dans les rues de Paris : des dizaines de milliers d’Algériens sous la pluie, avec femmes et enfants.

Aujourd’hui, en solidarité avec tous et toutes les Sans-Papiers, et jour de début du couvre-feu pour tou·tes les résident·es à Paris et dans quelques grandes villes, de 21 h à 6 h, les cortèges se sont déployés sous le soleil. Il a été rappelé, par les Sans-Papiers eux et elles-mêmes, que l’armée française ne demandait pas de papier en 1914 pour les centaines de milliers d’étrangers ayant combattu dans les rangs de la France, parfois arrachés à leurs terres sous la contrainte, ni pour les 178 000 Africains et Malgaches et les 320 000 Maghrébins appelés en 1939-1940.

Ainsi, l’appel à la Marche affirme : « Aucun mot pour les Sans-Papiers, exploité·es dans les pires des conditions ou perdant leur emploi sans chômage partiel, retenu·es dans les CRA, vivant à la rue ou dans des hébergements souvent précaires et insalubres. Aucun mot pour les jeunes migrant·es isolé·es. Il n’a eu aucun mot contre le racisme, aucun mot pour les victimes des violences policières. Nous disons qu’une société qui refuse l’égalité des droits aux prétextes de la nationalité, l’origine, la couleur de peau sera de plus en plus gangrénée par le racisme et les violences d’Etat. Nous disons qu’une société qui accepte l’inégalité des droits, la surexploitation, la répression, l’enfermement, l’expulsion des Sans-Papiers au nom de la crise, sera désarmée face à toutes les attaques sociales ».




Des militants de la Fédération anarchiste, de la région parisienne, de la Haute-Savoie et de Caen, ont défilé, drapeaux noirs et derrière la banderole : « La passion des libertés est plus forte que toutes les prisons ». Dommage que nous ne fûmes pas plus nombreux et nombreuses !

Hélène Hernandez
Groupe Pierre Besnard
PAR : Hélène Hernandez
Groupe Pierre Besnard
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