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Chroniques du temps réel
par Justom le 30 septembre 2019

Ils sont passés et puis après…

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Lubrizol une entreprise récidiviste, donc coupable et à fortiori condamnable
Le 26 septembre 2019, un violent incendie s’est déclaré à l’usine Lubrizol de Rouen, un site déclaré Seveso, compte tenu de la dangerosité des produits utilisés. Nous avons entendu plusieurs explosions, l’usine est quasiment détruite. Cet incendie a débuté vers 3 heures du matin et n’a été que partiellement circonscrit que dans l’après-midi du 26 septembre.
Les autorités ont cette fois été à l’initiative, elles nous ont abreuvés d’informations qui se voulaient rassurantes, le Préfet de région a donné de sa personne : « Il n’y a pas de danger de pollution, et les fumées ne sont pas toxiques. » Qu’en savait-il ?
Or cette fumée et cet incendie ont laissé des traces, l’air était devenu irrespirable, des retombées de suie ont été constatées sur le territoire de la Métropole (71 communes), des odeurs de gas-oil ont également été perceptibles sur l’ensemble du territoire. Mais également au-delà puisque jusque dans la Somme on a pu voir des retombées polluantes comme des granulées dans les rues…
Il s’agissait sous le couvert de l’information de maintenir les populations dans l’ignorance et surtout de ne pas les informer de la gravité de la catastrophe.
D’autant que  Lubrizol » est classé Seveso à « seuil haut »

A aucun moment , le préfet de région et pas plus qu’aucune autorité dite responsable ne nous ont informés sur la dangerosité de la fumée, sur l’analyse de l’air, des résidus qui retombent sur le territoire, sur la possible pollution de l’eau, de la Seine, des captages d’eau. Bien au contraire, il a minimisé sur les cas de maux de têtes, les nausées et les hospitalisations des habitants. Il n’y a pas de « toxicité aiguë » a-t-il claironné-t-il. C’est donc qu’il y a toxicité ! Saura-t-on un jour la vérité ? Quels sont les produits qui ont brûlé et quelles sont et seront les conséquences sanitaires et écologiques de cette catastrophe ?

Lubrizol une usine récidiviste…
Malgré les deux précédents incidents, il semblerait que la direction de cette entreprise ô combien dangereuse n’est pas renforcée les moyens de sécurité et de protection de la population et de l’environnement. Les dirigeants ont pour seul souci , les profits, les bénéfices et les dividendes… La vie des travailleurs (es) de l’entreprise, de la population et le respect de l’environnement ne sont qu’accessoires, juste des moyens, des choses pour réaliser les objectifs financiers.
Déjà en janvier 2013 une fuite de gaz Mercaptan avait dégagé une odeur nauséabonde sur la Normandie qui avait été ressentie jusqu’en Île-de-France et même en Angleterre. Ce gaz avait provoqué des maux de tête, des nausées et des vomissements. L’incident prend fin le 6 février 2013, une fois que les 36 tonnes de produits chimiques ont été évacuées et traitées et la cuve nettoyée.
L’entreprise sera condamnée le 4 avril 2014 à 4000 euros d’amende (une poussière de suie) au regard des dégâts causés sur les êtres humains et sur l’environnement. La direction de Lubrizol assurera la main sur le portefeuille que les installations sur le plan sécuritaire avaient été corrigées.
La preuve : le 29 septembre 2015, une fuite d’huile (2000 litres d’huile minérale) se sont déversées dans le réseau d’évacuation des eaux de pluie sur la zone portuaire.. Un barrage flottant avait été installé sur 30 m² pour éviter tout écoulement dans la Seine.
Le dernier incident en date vient d’avoir lieu, le 26 septembre 2019. Il semblerait que l’usine soit énormément calcinée tant la violence de l’incendie a fait rage.
La direction est responsable mais également les hommes et les femmes politiques qui dirigent ou qui ont dirigé le pays ainsi que les petits potentats locaux qui dirigent ou qui ont dirigé l’agglomération rouennaise.
C’est paradoxal, à chaque fois qu’un tel incident ou accident de ce type survient, les hauts fonctionnaires, les ministres, les élus (es) locaux se précipitent vers les médias pour minimiser les faits, dire qu’il n’y a pas de danger que la pollution est quasi nulle, que les gaz ne sont pas toxiques.
Mais alors pourquoi classer Lubrizol « Seveso » ?

Pourtant Seveso veut bien dire que l’entreprise présente des risques majeurs d’accidents, il est donc important d’y maintenir un haut niveau de prévention. On peut penser légitimement que la direction de cette entreprise n’a pas respecté les règles de sécurité imposées qu’un site déclaré Seveso doit mettre en application.
Il est permis de penser que tous ces incidents et que cet incendie ne sont pas anodins et pas le fait du hasard. La vétusté des installations, le manque d’entretien, la rapacité financière, la soif de profit font que la direction de l’usine est responsable. D’autant que le manque de respect pour la vie et la santé des travailleurs(es) de l’entreprise et des habitants(tes) est passé au second plan et renforce les risques d’incident. On peut penser que les autorités politiques nationales et locales n’accepteront pas que l’usine soit reconstruite au même endroit et qu’ils auront pour une fois le souci de préserver la sécurité et la santé des habitants (es).

Quatre ministres ont fait le déplacement
L’incident a dû être considéré en haut lieu comme majeur pour que Philippe, le Premier ministre, et sa majesté Macron dépêchent sur place quatre ministres. Ils sont venus, ils ont vu, ils ont serré des mains, ils rencontré les élus locaux de tout bord qui les attendaient alignés en rang d’oignons. Toutes et tous étaient souriants(tes) et tendaient les mains et manifestement étaient très heureux(es) de discuter le bout de gras avec les ministres. Par contre, ils n’ont pas rencontré la population qui était maintenue à l’écart (par sécurité !). Si il n’y avait pas eu la carcasse fumante de l’usine et ce panache de fumée noire qui s’élevait juste à côté, on aurait pu pensait que toutes ces faces réjouies étaient là pour une inauguration quelconque ou pour un moment festif.
Ils sont venus amuser la galerie.
Tous ces guignols ont amusé la galerie, pour cela ils n’ont pas été avares de paroles, la langue de bois a fonctionné à plein régime. Plutôt que de parader, ces inutiles auraient pu se retrousser les manches et se rendent vraiment utiles, comme par exemple Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, qui est arrivé sur place le jour même de la catastrophe. L’individu aurait pu faire bénéficier de son expérience pour nettoyer les rues de la suie qui s’y déposait. Depuis bientôt une année, il est à la manœuvre contre les gilets jaunes et les différents manifestants(es). Le lendemain, ce ne sont pas moins de trois ministres (sinistres) qui ont débarqué sur les lieux du sinistre. Ils n’en pas fait tache dans le décor apocalyptique ! Ce sont : Jean-Michel Blanquer ministre de l’Éducation, Madame Elisabeth Borne ,ministre de la Transition écologique et solidaire et Madame Agnès Buzyn, ministre de la Santé. Ils et elles ont été accueilli(es) par des élus(es) locaux, de la droite au Parti communiste tous et toutes étaient là pour les saluer, on se serait cru au festival de Cannes. Et tout cela pendant que l’usine brûlait et que la pollution se répandait sur le territoire. Ces irresponsables n’avaient que faire de cette catastrophe, mais s’en servaient pour se montrer…




Eux n’ont plu n’ont pas retroussé leurs manches
Mais, ils ont donné beaucoup de conseils. Jean-Michel Blanquer est venu disserter  : disant que les écoles allaient rouvrir dès lundi 30 septembre, le nettoyage était en cours et qu’il serait terminé pour lundi… Sans savoir si la pollution nécessitait une dépollution plus importante qu’un simple nettoyage. Mais, il ne s’est pas proposé pour participer au nettoyage...
Madame Borne n’a rien senti sur le plan de l’odeur, elle doit avoir quelques troubles olfactifs... Et elle n’a surtout pas été très solidaire car elle n’a pas prêté main-forte aux pompiers...
Madame Agnès Buzyn a reconnu que la ville de Rouen était polluée, elle n’a pas été plus loin son horizon était très certainement bouché par l’épaisse fumée noire. Elle est allée saluer les soignants et les soignantes de l’hôpital mais n’a pas proposé de les aider, elle aurait pu leur faire profiter de son expérience professionnelle…
Ils sont venus, ils ont senti, il ont donné des conseils, ils ont donné des satisfecit, ls ont félicité, puis ils sont repartis satisfaits de leur prestation, après eux la fin du monde… Le pouvoir rend sourd, aveugle surtout lorsque l’on sert les intérêts du grand capital. Le problème est qu’il ne rend pas muet.
PAR : Justom
Groupe de Rouen
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