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par Collectif le 14 août 2018

Succès de la première mobilisation contre le local fasciste à Chambéry

Article extrait du « Monde libertaire » n° 1793 de mars 2018
Un collectif large d’organisations politiques, syndicales, artistiques et des habitant.e.s de Chambéry appelaient samedi 3 février à une manifestation contre l’ouverture du local fasciste du Bastion social, situé avenue de Lyon, à Chambéry. Très belle manifestation dynamique, déterminée et festive, réunissant environ 600 personnes !

Cette manifestation est un véritable succès par rapport aux objectifs qu’elle s’était fixée : dénoncer le groupuscule EdelweiSS - Bastion social, son idéologie fasciste et son implantation à Chambéry et ailleurs ! Dans toute sa diversité, masquée ou non, scandant les slogans « Chambé ! Chambé ! Antifa ! » ou encore « Pas de fachos dans nos quartiers ! Pas de quartiers pour les fachos ! », appuyée par les caisses claires et ponctuée de lâchés de ballons en papier arborant des signes antinazi, cette manifestation intergénérationnelle et populaire a permis de détruire les discours de certains élus qui voudraient faire passer la lutte antifasciste pour une lutte entre extrêmes. Un important dispositif policier, qui a obligé toutes personnes accédant au point de rassemblement devant la préfecture à subir une fouille, a ensuite encadré la manifestation du début à la fin. Cela aura découragé un certain nombre de personnes à nous rejoindre. Malgré cette pression, et les quelques provocations de nazillons, la manifestation s’est déroulée comme souhaité : festive mais déterminée. Des passant.e.s s’agrégeant au cortège quand il/elle.s comprenaient de quoi il en retournait.

Certain.e.s n’auront pas manqué d’apercevoir le drapeau jaune avec une étoile rouge des YPG (unité de défense kurde syrienne) qui, après avoir repoussé les fascistes de Daesh, subissent à l’heure actuelle les attaques de l’armée turque du dirigeant nationaliste Erdogan sur le canton d’Afrin. Une manière de rappeler que la lutte contre le fascisme est international ! D’autres remarqueront les banderoles « Ni frontières » et « Ni patriarcat » parce que la lutte antifasciste est résolument antisexiste à l’image du service d’ordre mixte. Au-delà de la manif’, et notamment pendant les tractages et collages de ses quinze derniers jours, il y a eu de très bons rapports avec les habitant.e.s de Chambéry qui soutenaient notre lutte. Si cette mobilisation ne signera pas la fermeture du local nazi, elle aura dans tous les cas permis de rendre visible de manière importante la présence des fascistes dans notre ville ! Pour louer ce local, les fascistes ont caché leur identité derrière une association de façade appelée « Les Petits Reblochons » (heureusement pour eux, le ridicule ne tue pas…). D’après France 3, le propriétaire des locaux attaquerait en justice ses locataires pour les faire expulser. Une affaire à suivre de près !

Concernant les fascistes d’EdelweiSS - Bastion social, ils se sont donnés rendez-vous, non pas dans leur local, mais dans le bar Le Charly’s ; ce qui confirme son accointance (dédicace au Daubé) avec l’extrême droite locale. Venus de toute la France, rejoint par des élus Front national, ils étaient au nombre de 80 à 100 à écouter le rock « identitaire » du groupe fasciste In Memoriam en acoustique ponctué de salut fasciste (et dire qu’il y a des « gens » prêts à payer pour une ambiance aussi affligeante). Ils ont ensuite paradé jusqu’à leur local sous une surveillance policière très relative par rapport à celle que nous avons subie. La soirée aura quand même été le théâtre de quelques provocations agressives de la part des « petits reblochons » vers le Brock’Art Café ou encore devant la préfecture, où une dizaine de fascistes avinés ont pu en toute tranquillité faire des saluts nazis et gueuler des slogans négationnistes et fascistes. Quoi qu’il en soit, le bilan de ces quinze derniers jours est positif ! Et nous allons continuer de mettre la pression sur les groupuscules fascistes par l’information, la mobilisation populaire, jusqu’à la fermeture de ce local ! Pour commencer…

Réseau antifasciste Savoie



Bastion social késako ?


L’extrême droite se décompose et recompose régulièrement. Autour de la vieille maison Front national, un peu brinquebalante, s’agite une tripotée de micropartis et groupes adeptes du fascisme historique et de la violence physique. Il faut bien que jeunesse se passe, avant que les cadres et autres ambitieux se recyclent dans une carrière politique moins casse-gueule, au FN ou dans un parti de droite plus classique…  

Le petit dernier se nomme Bastion social. En guise de filiation, c’est le Groupe Union Défense (GUD) qui est à l’origine de la nouvelle entité. Autant dire que leur référence au fascisme est génétique. Le GUD première génération naît en 1968. L’organisation refait surface ces dernières années et s’installe notamment à Lyon. En mai 2017, s’inspirant des néofascistes italiens de Casa Pound qui ont ouvert de nombreux locaux, le GUD lance Bastion social en occupant un bâtiment à Lyon en novembre 2017, soit-disant pour y héberger des « SDF français », surtout pour s’implanter et se développer dans la ville. Vite expulsé de ce lieu, leur premier local Pavillon noir sur la sellette, ils finissent par trouver une location en janvier 2018 ; tandis qu’à Strasbourg, c’est en décembre 2017 qu’ouvre L’Arcadia sous le même logo Bastion social.

Du côté de la Savoie et de Chambéry en particulier, nos petits nazillons locaux sont affiliés au départ aux Jeunesses nationalistes (JN). Ils gardent leur petit nom local, Edelweiss, quand les JN sont dissous suite à l’assassinat de Clément Méric. Ils fricotent avec toutes celles et ceux (surtout ceux en fait) qui aiment faire des saluts nazis lors de soirées entre amis : Gabriac et sa nouvelle bande national-catholique de Civitas, les Annéciens d’Autour du lac, des nazis de Genève et bien sûr leurs copains fascistes de Lyon sont de la partie.

Leur action locale consiste avant tout à s’agiter sur Internet, coller des affiches et stickers, et présenter un coup de main à une connaissance « bon français blanc » comme de l’action sociale. Typique des petits fachos, le reste de leur militantisme consiste à mettre la pression, voir à bastonner des personnes isolées qu’ils considèrent comme d’extrême gauche. On retrouvera également la même équipe dans l’attaque d’une de nos soirées en octobre 2017. C’est donc dans la foulée du GUD qu’Eldeweiss rejoint Bastion social et décide d’ouvrir un local à Chambéry.

Un compagnon de la FA de Chambéry
PAR : Collectif
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