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par Eric Vilain le 18 mars 2018

La guerre de Trump contre les femmes

Article extrait du « Monde libertaire » n° 1791 de janvier 2018
Depuis la période Obama, un décret interdisait aux sociétés qui travaillaient pour l’État de garder le secret sur les cas de harcèlement sexuel et de discrimination. Ces sociétés, qui emploient environ 26 millions de personnes, s‘étaient vu interdire, depuis 2014, de forcer les salariés à résoudre les plaintes par un arbitrage, un moyen qui était couramment employé pour régler les problèmes hors de la vue du public.

En mars dernier, le président Donald Trump a annulé cette disposition, qui rend encore plus difficile aux femmes le recours à la plainte. C’est une façon de dire aux femmes : « Fermez-la ! ». Mais Trump n’en reste pas là. Une grande partie des politiques publiques proposées ou approuvées par les responsables de son administration tentent de réduire les droits des femmes. L’administration Trump s’engage dans un programme clairement destiné à réduire leurs droits. Il s’agit donc d’une guerre menée contre les femmes. Les initiatives du gouvernement Trump surviennent précisément au moment où la dénonciation des prédateurs sexuels de Hollywood provoque un véritable mouvement de masse, pas seulement aux Etats-Unis, mais dans de nombreux pays.

C’est dans ce contexte que Trump s’engage dans cette guerre contre les femmes, comme par mesure de rétorsion. Trump a signé son premier décret censé empêcher des cliniques de santé autour du monde de parler même de l’avortement. Il a également abandonné en août dernier une initiative, lancée par la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi (Equal Employment Opportunity Commission [EEOC]), qui était destinée à assurer l’égalité des salaires entre hommes et femmes. Actuellement, les femmes ne gagnent en moyenne que 80 % de ce que gagnent les hommes, et la situation des femmes de couleur est encore pire. La disposition supprimée aurait obligé les entreprises à déclarer des données sur le montant qu’elles versent aux travailleurs – ventilées par race et appartenance ethnique – afin de faciliter la détermination de l’ampleur de l’écart salarial et, idéalement, contribuer à le supprimer.

La commission pour l’égalité des chances a passé six ans à concevoir cette règle. L’agence a travaillé avec l’Académie nationale des sciences pour mettre en place une étude sur l’écart salarial, et a révisé et peaufiné sa proposition après avoir consulté les employeurs et l’avoir ouverte aux commentaires du public. Cependant, le Bureau de la gestion et du budget a abandonné le projet sans autre explication que « cela créerait trop de paperasserie et coûterait trop cher aux entreprises ». Or, une estimation de la commission montrait que cela aurait coûté 416,58 $ à chaque entreprise ! Une somme jugée trop élevée, donc, pour assurer l’égalité des chances entre hommes et femmes... L’absence d’information sur les discriminations salariales et le maintien de cette information hors de la vue du public est encore un moyen de faire taire les femmes !

(Source : Emily Peck, « Trump Is Quietly Making It Even Harder To Report Sexual Harassment And Discrimination », Huffington Post, 25 novembre 2017.)

PAR : Eric Vilain
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