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Dans un sale État
par Robert, Groupe Gard Vaucluse le 1 mars 2018

Droit d’asile en France et en Europe : Levons les barrières

Depuis l’été 2017, le gouvernement Macron-Collomb a pressé les préfectures d’appliquer de façon stricte toutes les dispositions pour accélérer et mener à terme les procédures des demandeurs d’asile. Non pas dans l’esprit d’accueillir au mieux des exilés pour leur apporter un peu de sécurité, mais pour s’en débarrasser, soit en écourtant les délais d’attente pour les rendez-vous à l’OFPRA et au CNDA (pour mieux débouter du droit d’asile) soit en exécutant les procédures Dublin (retour au premier pays d’Europe où le migrant a été identifié), au besoin en utilisant des moyens coercitifs (assignation à résidence, mise en centre de rétention administrative ou CRA) pour renvoyer à un autre pays d’Europe la responsabilité de (mal)traiter les demandes d’asile. Toutes mesures qui ont eu pour principal effet la dispersion et la mise hors statut de centaines de migrants, « coupables » dès lors de délit de fuite. Nombre d’entre eux sont aujourd’hui à nouveau à Calais ou en Belgique.





Des mineurs vraiment non accompagnés

A Nîmes, comme dans de nombreuses villes, 2017 a vu croître le nombre de jeunes réfugiés en errance. Bien que l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) soit sensée les prendre en charge, les scolariser et les accompagner jusqu’à leur majorité, une proportion importante est soit à la rue soit logée en hôtel rudimentaire avec très peu de suivi social ou pédagogique. Au point que des collectifs « spécialisés » se sont constitués pour tenter d’apporter un peu de soutien. D’autant plus délicat que lorsqu’il s’agit de mineurs, les services de l’État sont très pointilleux...sur les agissements d’autrui, à défaut d’être exigeants pour eux-mêmes.
Malgré les parrainages mis en place, difficile d’agir efficacement pour aider ces jeunes. Exemple emblématique et douloureux, le cas de Kantra, un mineur malien, a bouleversé bénévoles et réfugiés fin 2017 : son parcours d’apprentissage, pour des raisons de cafouillage administratif, tombe à l’eau à la veille de sa majorité. Désorienté par un avenir angoissant puisqu’incertain, il erre en région parisienne et finit par se suicider en se jetant sous un train le 26 décembre. Les MNA (mineurs non accompagnés) devraient bénéficier d’une protection prioritaire. Au lieu de cela, ils sont d’abord suspectés de tricher sur leur âge, doivent subir de multiples tests (psy, osseux) mis en attente au lieu d’être scolarisés pour finir abandonnés à leur majorité, sans statut ni ressource.

Des demandeurs d’asile « qui n’ont pas vocation à rester »

La formule pourrait faire sourire (c’est leur destin, inch allah ?) si dans la bouche des préfets et autres agents des « services d’éloignement » elle n’était pas suivie d’un cortège de moyens policiers, assignations, centre de rétention, expulsions aériennes musclées. A plusieurs reprises, des préfectures ont été désavouées par les Tribunaux Administratifs sur la mise en rétention de demandeurs d’asile en procédure Dublin . En janvier, la préfecture de Marseille a tout de même tenté d’expulser ainsi Ibrahim, un demandeur d’asile logé en PRAHDA (ces Formule 1 des expulsions) et fortement impliqué dans les revendications des réfugiés pour obtenir le droit de faire une demande d’asile en France. Il a fallu une très forte mobilisation et pas moins de 2 recours aux Tribunaux pour le faire sortir du CRA. Mais il reste menacé à tout moment de retour en Italie.

Urgence à faire barrage à la politique migratoire de la France et de l’Europe

Même s’il y a des nuances, France et Europe prennent partout des mesures hostiles aux réfugiés : fermeture des frontières (des centaines de km de murs!) restrictions au droit d’asile, criminalisation des exilés et des personnes solidaires, « diplomatie » des camps hors d’Europe...
A l’initiative d’ONG et avec la contribution de nombreux collectifs de terrain, des États Généraux de l’Immigration travaillent à élaborer un état des lieux, lister ce qui doit cesser et ce qu’il faut mettre en place pour que la France et l’Europe aient une politique migratoire à la hauteur de leurs responsabilités. Des rendez-vous importants sont prévus pour février et mars.
Longtemps plongés dans les urgences du quotidien au niveau local, les collectifs ont une opportunité de faire porter leur voix à un niveau national (et si possible européen) : parmi eux, bien que disséminés, les anarchistes ont une contribution importante à apporter. D’une part pour ne pas limiter la portée des EGM à une simple interpellation des politiciens mais bien à l’expression de la volonté de la population qui a maintes fois montré sa solidarité avec les réfugiés. D’autre part pour faire le lien entre les causes (guerres, dictatures, corruption et exploitation post coloniale) qui poussent des millions de personnes à fuir leur pays et les décisions prises dans les pays dominants (commerces en tout genre, spéculations, diplomatie blindée) que nous subissons également.
Exiger le respect du droit d’asile n’est pas simplement bienveillant, c’est affirmer notre combat contre l’injustice et s’opposer partout dans le monde, y compris dans le pays où l’on vit, aux bourreaux et aux guerres (armées ou économiques).
PAR : Robert, Groupe Gard Vaucluse
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le 29 mars 2018 23:56:05 par Boris

Sans oublier l’avancée de la zone sahélienne, contraignant à l’exode les populations qui tentent pour s’en sortir de déléguer les meilleurs d’entre-eux , ceux en qui ils fondent tout leur espoir parce qu’ils les jugent les plus aptes, les plus intelligents, vers cette europe qui leurs parait ( faussement ), l’ opulence même et dont les bienfaits rejailliront sur ceux qui sont restés dans un environnement ( dans toute l’acception du terme ) qui se dégrade . Ces gens-là fuient légitimement l insécurité, climatique, physique, politique ou religieuse, les meilleurs parviennent jusqu’à nous, c’est une chance : Saisissons cette opportunité fraternelle et enrichissante ...