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par F. Foinikiotis le 13 avril 2020

Aube Dorée, le crépuscule du fascisme 2e partie

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Article du Monde libertaire n°1815 de mars 2020
Aube Dorée, le crépuscule du fascisme 2e partie





Ma découverte d’Aube Dorée

Ma découverte de l’existence de la revue « Aube Dorée » s’est faite de façon surprenante. C’est dans un kiosque de l’aéroport international grec d’Athènes que j’ai aperçu, entre deux magazines de militaires, une revue dont la « Une » montrait un dessin d’Hitler brandissant fièrement un drapeau nazi. Le titre était « Hitler pour 1000 ans » (!) était offert en cadeau sous cellophane un drapeau nazi ! [note] Quand je montre le magazine à la vendeuse, aussi surprise que moi, elle le retire immédiatement.




C’est avant les élections de 2009, dans un spot publicitaire que j’apprends l’existence d’un parti « Aube dorée ». Le fait qu’un parti néonazi se présente à des élections me parait tellement absurde que je souris niaisement. Sourire de très courte durée, puisque trois ans après, ce parti qui en 2009 avait obtenu juste 19 624 voix (0,29 %) obtient aux élections de mai 2012, 440 966 voix (6,97 %) et 21 sièges du parlement… Mon visage s’est même glacé quand, lors de leur première conférence de presse en direct, des hommes rasés en noir ordonnent aux journalistes présents de se lever pour accueillir dignement leur « führer ». « Levez-vous, montrez votre respect… tout le monde debout ! » Michaloliakos monte sur l’estrade et lance son discours : « Veni, Vidi, Vici… L’heure de la peur a sonné pour les traitres à la patrie ! »

2009- 2019-La décennie de la crise

Entre 1950 et 1973, la Grèce est le deuxième pays au monde après le Japon à connaitre une croissance annuelle de plus de 7 %. Ce pays très pauvre se développe et se transforme. En 1981, la Grèce entre dans l’Union européenne et en 2001, fournissant de fausses statistiques, elle rejoint la zone euro. Durant les années 2000, l’économie se porte toujours bien et les Grecs restent confiants. Divers événements augmentent la « fierté nationale », comme l’organisation des jeux olympiques d’Athènes 2004 ainsi que la coupe d’Europe de football la même année [note]  ; la première place au concours de l’Eurovision en 2005 et la finale de la coupe du monde de basket en 2006. C’est une époque où les banques appellent les ménagères pour les féliciter d’avoir gagné une carte de crédit… L’époque où des spots publicitaires encouragent les grecs à prendre un « crédit de vacances ». Et puis, arrive la crise mondiale de 2008, les parachutes dorés et tout le tralala… Qui va payer la facture ?

En 2009 la Grèce, le mauvais élève de la zone euros, se retrouve avec un déficit de 279 milliards euros de dette (115% de son PIB). Le taux de croissance de 2004 (+ 4,7%) tombe à (-9,1 %) en 2011 L’Europe est en crise ! La « Une » de l’hebdomadaire allemand Focus du 22 février 2010, est honteuse. Elle montre la statue de la Vénus de Milos avec le drapeau grec autour de sa taille, faisant un doigt d’honneur. Le titre : « Fraude dans la famille de l’Euro ». Deux mois plus tard, le magazine allemand « Bild Zeitung » (12 millions de lecteurs), incite la Grèce à vendre ses îles : « Vendez donc vos îles, Grecs en faillite ! », et ajoute que « Quand on est en faillite, on vend tout ce qu’on a. » « Bild » estime que la valeur de l’Acropole est de 100 milliards d’euros. Quelques jours plus tard, en riposte, le quotidien grec « Eleftheros Typos » affiche en Une, la déesse de la colonne de la Victoire (Berlin), brandissant la croix gammée. Toujours en 2010, le vice-premier ministre grec, Théodoros Pangalos, lors d’une interview à la BBC lance une bombe : « Ils ont pris les réserves d’or de Banque de Grèce, ils ont pris l’argent grec et ne l’ont jamais rendu. C’est un sujet qu’il faudra bien aborder un jour ou l’autre. » [note]

Pour rembourser une partie de cette dette en cinq ans seulement de 2010 à 2015, l’État grec se voit octroyer 216 milliards d’euros [note]   de prêt assortis à de sévères mesures d’austérité [note] . Malgré ces réformes, la dette continue d’augmenter. En juillet 2013, le chômage atteint un pic de 27,9 % et en 2015, la dette s’élève à 175 % du PIB du pays.

Deux partis sont les grands gagnants de cette terrible crise :
- Le parti de la coalition de la gauche radicale (Syriza) [note] , qui en presque dix ans seulement après sa création, accède au pouvoir, passant de 6 sièges aux législatives de 2004 (3,3 % des suffrages) à 149 sièges (36,34% des suffrages), en 2015 [note] .
- Le parti néonazi grecque Aube Dorée, qui passe de 0,46 % des suffrages aux législatives de 2009, à 6,97% en 2012 et envoie 21 députés néonazis au parlement. Lors des élections européennes de 2014, il devient le troisième parti de Grèce et obtient trois eurodéputés.

F. Foinikiotis



PAR : F. Foinikiotis
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