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par Animation Publico le 6 septembre 2020

Les rendez-vous de Publico. Rappel du 14 septembre

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Publico n’est pas qu’une librairie... ATTENTION, MASQUES OBLIGATOIRES

Vendredi 18/09 à 19h30




CinéSegui : 13 mai 1958, le retour du Général | Projection-débat
1er juin 1958 : le général De Gaulle est investi président du Conseil par l’Assemblée Nationale après avoir été appelé par le président de la République René Coty. Deux jours plus tard, De Gaulle reçoit de cette même assemblée les pleins pouvoirs afin de rédiger une nouvelle Constitution soumise à référendum.
Le suffrage universel seul ne sied en effet pas aux anarchistes que nous sommes. La première des questions que nous nous posons demeure : pourquoi ce gouvernement existe-t-il ? De quoi est donc faite cette fameuse « volonté nationale » derrière laquelle il se cache pour continuer à agir ? Soucieux de trouver des réponses à ces questions, nous vous invitons donc à la projection du film « 13 mai 1958 : le retour du général » réalisé par Patrick Rotman en 2005. Nous discuterons après la diffusion de ce documentaire des potentielles alternatives que nous pouvons construire pour mettre fin à ce pouvoir qui se renforce et réprime dès qu’il se sent menacé.

Samedi 19/09 à 16 h 30 :
Brigitte Brami | Surtout ne pas nuire




« Chère Docteur, cette lettre s’achève, j’espère que la machine de guerre qu’elle contient a été assez déflagratrice et que le chant d’amour qui s’y trouve également a obtenu votre grâce. Mais je ne sais que trop bien que mes pauvres mots seront impuissants et qu’à l’effet produit par l’intelligence et l’élégance du verbe, vous préférerez inlassablement celui dû à la bosse présente dans le boxer de vos patients.
N’importe quel débile mental bien monté trouvera grâce à vos yeux. Je n’ignore également pas que vous nierez avec force cette indéniable vérité en lisant ces lignes, et que vous vous prétendrez scandalisée par mes propos que vous jugerez hautement fallacieux. Indigne et nécessaire cette lettre s’achève, elle est aussi crade que l’Abominable Mâle absolu, ce bouffon, aussi belle que vous l’êtes et aussi poétique que je le suis.
Pour me guérir de vous, il me fallait trouver quelque chose de plus beau que vous, de plus rassurant et de plus fort aussi, ce n’était pas gagné, c’était même une véritable gageure. Je l’ai trouvé ; c’est le poème ».
Ce texte inclassable, aux allures de minutes d’un délibéré judiciaire et au style limpide, cru et poétique, est un édifiant et violent réquisitoire moral à l’encontre d’une femme médecin hors normes qui a dérogé à ses devoirs déontologiques en cédant aux charmes d’un de ses patients : l’Abominable Mâle absolu, ce bouffon.
C’est aussi un magnifique et poignant chant d’amour que lui adresse la narratrice.
Entrée libre

Dimanche 20/09 à16h00




CinéSegui | Libertarias | Projection du film de Vicente Aranda
Espagne, automne 1936. Suite au putsch militaire mené par Franco, la guerre entre nationaux et républicains oblige Maria, jeune nonne, à quitter son couvent et à se réfugier dans un bordel. Suite à l’intervention de deux militantes anarchistes syndiquées à la CNT, et membres de l’organisation féministe Mujeres libres, venues fermer ce lieu, elle est recueillie par l’une d’elle, Pilar. Avec un groupe de combattantes composé d’ouvrières du textile et de prostituées, Maria et Pilar partent pour Saragosse rejoindre la Colonne Durruti sur le front de l’Ebre afin de stopper l’avancée des troupes franquistes…
Peuple en armes, guerre civile, révolution sociale, mouvement féministe… autant de sujets abordés dans ce film.

Vendredi 25/09 à 19h30




Documentaire de Nicolas Ubelman | Barrages – L’eau sous Haute Tension
Qui peut se passer d’électricité dans le monde d’aujourd’hui ? Qui peut vivre, travailler et se nourrir sans brancher une prise ou appuyer sur un bouton ? A chaque seconde, des milliards d’électrons circulent entre nous. Ils transportent nos voix, nos corps, nos données. Ils nous réchauffent, nous protègent et nous soignent. Mais alors que l’électricité est devenue une énergie vitale très peu savent vraiment d’où vient ce courant et pourquoi un jour… il se pourrait que la lumière s’éteigne. La Commission Européenne a mis en demeure la France pour qu’elle ouvre à la concurrence un tiers de ses grands barrages hydrauliques, gérés jusque là par EDF. Dénoncée par un grand nombre de députés, d’ingénieurs, d’économistes et de syndicats, et des habitants, cette décision pourrait entrainer de nombreux problèmes économiques, écologiques et sécuritaires. Alors quels sont les enjeux de cette ouverture à la concurrence ? Qu’avons-nous à y gagner et qu’avons-nous à y perdre ? »


Vendredi 02/10 à 19 h 30 :

Sur les chemins d’Abel Paz




Pour fêter la parution, au printemps 2020 à Paris, de Scorpions et figues de Barbarie. Mémoires 1921-1936, d’Abel Paz (Diego Camacho Escámez), voici le salut de Raoul Vaneigem à l’ami Diego, prologue du livre.
« Sur les chemins d’Abel Paz », des rencontres avec María Antonia Ferrer, Fernando Casal (auteur·e·s de Geografía de Abel Paz, Ediciones Libertarias, Madrid, 2019) et Marc Tomsin (éditions Rue des Cascades, Paris) auront lieu à Montpellier, le 1er octobre au Centre Ascaso Durruti ; à Paris, le 2 octobre à la librairie Publico ; à Marseille, le 3 octobre au Centre international de recherches sur l’anarchisme ; à Toulouse, le 6 octobre au Centre de recherche pour l’alternative sociale.
Il n’est pas d’existence ordinaire qui ne détienne secrètement un trésor. Il nous échappe le plus souvent quand s’égare la clé des rêves avec laquelle joue notre enfance. L’âge adulte la perd délibérément, tant l’éducation s’emploie à nous la dérober. Il faut que l’histoire nous secoue pour que soudain, nous la retrouvions.
L’histoire personnelle de Diego s’est heurtée à l’histoire faite par tous et contre tous. Il y était préparé. Son rêve s’appelait révolution. C’était une idée qui, bien sûr, flottait dans l’air du temps. Mais ce temps était immémorial et l’idée s’était coagulée dans une réalité où soumission et insoumission se chevauchaient dans un tumulte incessant.
Ce que le feuilletoniste Eugène Sue avait appelé Les Mystères du peuple avait sa source dans une fatalité où depuis des millénaires les opprimés rampaient terrorisés par les maîtres, eux-mêmes rongés par la peur d’une révolte toujours imminente. Diego a vécu, comme des millions d’autres, cette existence laborieuse immensément lasse et si débordante de désirs qu’à portée de la main une vie nouvelle devenait tangible.
Le cours anecdotique du quotidien mérite une analyse que lui refuse une histoire plus intéressée par le relevé des événements que par la genèse de leur accomplissement. Dans le constat, ce qui est fait est fait et appartient au passé, dans la genèse quelque chose n’a pas fini de naître, il est de nature à troubler le présent, il constitue une menace pour l’ordre des choses, il dérange l’appareil économique et étatique qui réifie le présent, l’empaquette comme une marchandise et oublie que ce qui est vivant brise aisément un tel emballage.
C’est de l’existence toujours délabrée, toujours reconstruite que naît la vraie révolution, j’entends celle qui fait d’une vie vécue sans contrainte, sans hiérarchie, sans bureaucratie la base d’une société humaine. Les collectivités libertaires de la révolution espagnole de 1936 ont eu le temps de démontrer qu’une telle société était possible. L’insurrection de la vie qui monte en France, en Algérie, au Soudan, au Mexique, au Rojava est issue de la mémoire du vécu dont la pensée dissipe les cauchemars et, sous les apparences du futile, éveille à la réalité des rêves.
En parcourant ces pages, il m’est revenu un propos de Diego. Lui qui avait senti sur sa nuque l’acier froid du pistolet d’un tueur phalangiste aimait répéter : « J’ai pris le fusil mais je n’ai jamais tué personne. » J’aime à penser qu’il y a dans cette énergie vitale, qui l’a toujours guidé et dont nous sommes dépositaires, une puissance qui avance sur tous les fronts, ne tue pas et ne cède pas d’un pouce.
Raoul Vaneigem
août 2019
Entrée libre

Publico. La librairie du Monde libertaire. 145 rue Amelot 75011 Paris

Entrée libre pour toutes les animations, dans la limite des places disponibles, en raison des mesures sanitaires en vigueur. Masques obligatoires.
PAR : Animation Publico
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