Franquisme pas mort

mis en ligne le 12 novembre 2009
À Tolède, en Espagne, le 27 juin 2008, avait lieu une conférence publique, organisée conjointement par le syndicat CNT et nos camarades de la FAI (Fédération anarchiste ibérique). Le sujet de cette conférence était : « Fondements, attitudes et comportements d’une organisation criminelle : l’église catholique ».
Le jour précédent la conférence, le principal quotidien de la ville, El día, s’interroge, sur une page entière consacrée à l’événement, sur le bien-fondé de l’usage de locaux syndicaux pour cette réunion publique. Interrogés par le journal, les responsables syndicaux des syndicats « majoritaires » (UGT et Commissions ouvrières) déclarent ne pas comprendre pourquoi ils n’ont pas été informés de cette conférence. Les autorités locales en font autant… Parler de l’Église dans cette ville nécessite donc de montrer patte blanche à bien des gens…
Le jour de ladite conférence, dans les colonnes du quotidien, le Parti socialiste (PSOE) et le Parti conservateur (Partido Popular) prennent position en laissant entendre que le titre même de la conférence constitue peut-être un délit. Les héritiers du franquisme (PP), par la bouche de leur représentant local, vont même jusqu’à demander aux autorités d’intervenir pour empêcher cette manifestation publique. Qui eut quand même lieu.
Mais, plusieurs mois après, l’archevêché de Tolède porte plainte et demande 30 000 euros de dommages. Le conférencier, militant du groupe Albatros de la FAI (section espagnole de l’Internationale des fédérations anarchistes, IFA), avait pourtant déjà pris la parole en d’autres endroits, sans problème particulier.
Mais dans ce pays confessionnel qu’est l’Espagne catholique, en 2009, on peut donc être accusé du délit de « Mépris pour la religion catholique » hérité de lois franquistes !
La Fédération anarchiste (France, Belgique) assure nos camarades espagnols de son soutien. Nous tiendrons nos lecteurs informés des suites de cette affaire, hautement symbolique dans le contexte de l’anniversaire de la mort de Francisco Ferrer.