n°1663 (8-14 mars 2012) | Médias

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Presse normande en danger
Dans une époque encore récente on déclarait à l’envi que la presse quotidienne régionale se portait bien. Près de son lectorat, pas de problèmes publicitaires, une quasi-hégémonie sur un territoire géographique précis, tout baignait dans le meilleur des mondes.
A contrario, la presse parisienne et hexagonale surnageait dans des coûts de fabrication dus aux « salaires exorbitants » des ouvriers du Livre parisien. Dernièrement France-Soir et La Tribune ont disparu des kiosques à journaux 1 et le Parisien envisage des coupes claires dans ses effectifs. Mais maintenant même scénario en province où pourtant on nous annonçait un beau temps quasi permanent !
On en a causé dans Le Monde libertaire, un comité d’entreprise « extraordinaire » devait statuer le lundi de la semaine dernière sur le dépôt de bilan de quatre titres du pôle normand du Groupe Hersant Média 2. Tout cela a été confirmé juridiquement… enfin presque.
Il y a en effet un petit bémol : « La direction nous a présenté un bilan de l’entreprise que nous jugeons incomplet et imprécis […] le texte n’a donc pas été adopté par le comité d’entreprise », a déclaré la Filpac-CGT. La justice, lisez le tribunal de commerce du Havre, a tranché le lendemain. Résultat des courses : Paris-Normandie a été placé en redressement judiciaire. Six semaines « d’observation » où la direction 2 devrait élaborer, avec deux administrateurs judiciaires, un plan de continuation. On ne dit pas encore le chiffre des salariés qui seraient « autorisés » à continuer à travailler sur les 365 salariés actuels.
Pour la partie syndicale, l’avenir reste sombre : « Ce qu’ils veulent, c’est aller chercher un plan social pour qu’un administrateur soit nommé et fasse le sale boulot. C’est une façon de ne pas négocier. »
Aussi, on l’aura compris, de reporter toute vraie décision après l’élection présidentielle ! Il y a donc du pain sur la planche pour les militantes et militants syndicalistes pour faire la convergence des luttes sans attendre le passage à l’urne ! 3 En attendant, bien sûr, que tout le monde s’y mette.
Sitting Bull
1. Pour l’état de la distribution de la presse, voir l’article de Patricio Salcedo dans Le Monde libertaire n° 1662.
2. Rappelons que la société normande de presse, d’édition et d’impression (SNPEI), outre le quotidien Paris-Normandie, est propriétaire du Havre libre, du Havre Presse et du Progrès de Fécamp.
3. Lire à ce sujet l’article de Virginie Benito paru dans Le Monde libertaire n° 1661.
A contrario, la presse parisienne et hexagonale surnageait dans des coûts de fabrication dus aux « salaires exorbitants » des ouvriers du Livre parisien. Dernièrement France-Soir et La Tribune ont disparu des kiosques à journaux 1 et le Parisien envisage des coupes claires dans ses effectifs. Mais maintenant même scénario en province où pourtant on nous annonçait un beau temps quasi permanent !
On en a causé dans Le Monde libertaire, un comité d’entreprise « extraordinaire » devait statuer le lundi de la semaine dernière sur le dépôt de bilan de quatre titres du pôle normand du Groupe Hersant Média 2. Tout cela a été confirmé juridiquement… enfin presque.
Il y a en effet un petit bémol : « La direction nous a présenté un bilan de l’entreprise que nous jugeons incomplet et imprécis […] le texte n’a donc pas été adopté par le comité d’entreprise », a déclaré la Filpac-CGT. La justice, lisez le tribunal de commerce du Havre, a tranché le lendemain. Résultat des courses : Paris-Normandie a été placé en redressement judiciaire. Six semaines « d’observation » où la direction 2 devrait élaborer, avec deux administrateurs judiciaires, un plan de continuation. On ne dit pas encore le chiffre des salariés qui seraient « autorisés » à continuer à travailler sur les 365 salariés actuels.
Pour la partie syndicale, l’avenir reste sombre : « Ce qu’ils veulent, c’est aller chercher un plan social pour qu’un administrateur soit nommé et fasse le sale boulot. C’est une façon de ne pas négocier. »
Aussi, on l’aura compris, de reporter toute vraie décision après l’élection présidentielle ! Il y a donc du pain sur la planche pour les militantes et militants syndicalistes pour faire la convergence des luttes sans attendre le passage à l’urne ! 3 En attendant, bien sûr, que tout le monde s’y mette.
Sitting Bull
1. Pour l’état de la distribution de la presse, voir l’article de Patricio Salcedo dans Le Monde libertaire n° 1662.
2. Rappelons que la société normande de presse, d’édition et d’impression (SNPEI), outre le quotidien Paris-Normandie, est propriétaire du Havre libre, du Havre Presse et du Progrès de Fécamp.
3. Lire à ce sujet l’article de Virginie Benito paru dans Le Monde libertaire n° 1661.
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