Vendredi, 24 Mai 2013

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Luttes de classes

Le socialisme libertaire : quelques preuves scientifiques de son bien-fondé

Tout d’abord, juste pour être tout à fait clair, par la recherche du profit, nous entendons « profit monétaire ». Comme les anarchistes considèrent la coopération comme étant dans notre propre intérêt – c’est à dire que nous « profitons » de lui dans le sens le plus large possible –, nous ne rejetons pas le fait que, généralement, les gens agissent pour améliorer leur situation. Toutefois, le bénéfice monétaire est une forme très stricte de « l’intérêt personnel », en effet si étroite qu’il en devient nuisible à l’individu de plusieurs façons (en termes de développement personnel, relations interpersonnelles, bien-être social et économique, et ainsi de suite). En d’autres termes, ne prenez pas notre discussion sur le « profit » dans cette section de la Foire aux questions comme impliquant un déni de l’intérêt, bien au contraire. Les anarchistes rejettent simplement la « conception étroite de la vie qui consiste à penser que les profits sont le seul motif principal de la société humaine » (Pierre Kropotkine, Champs, usines et ateliers, ou l’industrie combinée avec l’agriculture et le travail cérébral avec le travail manuel).Deuxièmement, nous ne pouvons pas espérer traiter pleinement les effets néfastes de la concurrence et du profit. Pour plus d’informations, nous vous recommandons la lecture de No Contest : The Case Against Competition and Punished by Rewards et de The Trouble with Gold Stars, Incentive Plans, A’s, Praise and Other Bribes, deux livres d’Alfie Kohn. Il relate les nombreuses preuves accumulées qui réfutent le « bon sens » du capitalisme selon lequel la concurrence et les bénéfices sont la meilleure façon d’organiser une société.Selon Alfie Kohn, un nombre croissant de recherches en psychologie suggère que les récompenses peuvent diminuer les niveaux de performance, surtout si la performance implique la créativité (« Studies Find Reward Often No Motivator », Boston Globe, Monday 19 January 1987). Kohn note qu’« une série connexe d’études montre que l’intérêt intrinsèque pour une tâche – le sentiment que quelque chose vaut la peine pour elle-même – en général diminue lorsque quelqu’un est récompensé pour la faire ».La plupart des recherches sur la créativité et la motivation ont été effectuées par Theresa Amabile, professeur agrégé de psychologie à l’université Brandeis. Une de ses récentes expériences consistait à demander à des élèves de primaire et des étudiants de faire des collages « stupides ». Les jeunes enfants ont également été invités à inventer des histoires. Les enseignants qui ont évalué les projets ont constaté que les élèves à qui...
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L’obsolescence du capitalisme

À l’initiative du groupe écologiste, le Sénat vient d’entamer un débat sur l’obsolescence programmée, cette stratégie économique qui vise à raccourcir la durée de vie des produits de consommation. Las de constater le gaspillage engendré (!?!), Jean-Vincent Placé souhaite inscrire dans la loi le délit d’obsolescence programmée afin d’assurer au consommateur le droit d’utiliser des produits fiables, réparables et durables. Il envisage également d’étendre les durées de garanties de deux à cinq ans pour inciter les fabricants à concevoir des appareils qui durent plus longtemps, et rendre obligatoire la mise à disposition des pièces détachées pendant dix ans.Mythe ou réalité ?Si certains défenseurs inconditionnels du marché sont rapidement montés au créneau, jouant la vertu outragée, pour dénoncer une « thèse conspirationniste », un « mythe », la grande majorité des industriels, peu à l’aise dans leurs baskets, s’abstiennent de commenter ces mesures. Il sera toujours temps de recourir au lobbying si la menace se confirmait !Pour Ph. Frémeaux, d’Alternatives économiques, l’idée même d’obsolescence programmée apparaîtrait comme une insulte au travail des millions d’ingénieurs, techniciens et ouvriers qui s’efforcent chaque jour d’atteindre le zéro défaut, la qualité totale ! Alors que c’est précisément le recours à l’obsolescence qui constitue un total mépris du travail humain. Pour d’autres, il s’agit d’un moyen efficace de lutte contre le chômage ! Pour d’autres encore, une durabilité trop longue priverait le consommateur des progrès récents ! Les plus mauvaises causes ont toujours les meilleures raisons.Alors qu’en est-il exactement ? On peut distinguer globalement deux cas : un aspect purement technique provoqué sciemment par le fabricant en introduisant une fragilité, une limitation technique, l’impossibilité de réparer ou la non-compatibilité du produit, et aussi une dimension psychologique, subjective, instrumentalisée par le phénomène de mode (le qualificatif « programmée » se justifie dans la mesure où il y a bien tentative de manipulation du consommateur).Un simple rappel historique s’avère édifiant. Notons d’abord que l’échange marchand a toujours plus ou moins utilisé ce qu’on a appelé l’adultération des produits, c’est-à-dire une forme de tricherie sur la qualité ou la quantité pour abaisser les coûts. Dès 1928, on pouvait lire dans une revue spécialisée, « un produit qui ne s’use pas est une tragédie pour les affaires » ! L’origine de l’expression (planned obsolescence en anglais) remonterait à un Américain courtier en immobilier, B. London, lequel faisait le constat, en 1932, que sous l’effet de la crise économique, les Américains s’étaient mis à conserver leurs biens (vêtements, radios, pneus…)...
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Camarade travailleur, tu as le choix : mourir au turbin ou mourir de faim

Depuis des années, politiciens, patronat et médias nous disent inlassablement que le déficit cumulé des régimes de retraite ne cesse d’augmenter. Aujourd’hui, on avance même qu’il pourrait atteindre, en 2020, les 200 milliards d’euros ! À moins, bien sûr, « d’avoir le courage de dire qu’il faut une réforme des retraites » (dixit l’ex-patronne du Medef, Laurence Parisot)… Après les réformes de 1993 (Édouard Balladur), de 1995 (qui fut mise en échec par un mouvement social digne de ce nom), de 2003 (François Fillon) et de 2010 (Éric Woerth), c’est donc Jean-Marc Ayrault qui, sous les plis du drapeau socialiste, s’apprête désormais à essayer d’imposer la sienne. Faut dire que le bougre est « poussé » – mais ça ne doit pas le déranger le moins du monde – par une Commission européenne qui, en échange de l’octroi à la France d’un délai supplémentaire de deux ans pour réduire son déficit (le ramener à 3 % du PIB), a obtenu du gouvernement socialiste l’engagement de la poursuite d’une politique de rigueur budgétaire et de compétitivité articulée autour d’une réforme de fond du marché du travail et… des retraites !Cette nouvelle réforme des retraites, le gouvernement espère la mettre en débat à l’Assemblée nationale dès l’automne prochain, sur la base de ce qui aura été « négocié » lors de la conférence sociale prévue pour les 20 et 21 juin. Pas besoin, toutefois, d’attendre cette nouvelle mascarade de négociations patronat-syndicats pour se faire une petite idée de ce qui nous attend au bout du chemin… Car, lundi 13 mai, le gouvernement a reçu le Medef et les syndicats représentatifs pour préparer cette conférence sociale printano-estivale. Et ce qui en est ressorti, bien que peu étonnant, n’annonce rien de bon pour les travailleurs, lesquels seront à nouveau la cible privilégiée des politiques économes.Ainsi, Laurence Parisot, représentant le Medef, a exigé que le nombre des annuités nécessaires à la prise d’une retraite à taux plein soit augmenté à… 43 ! Et, bien sûr, que l’âge légal de départ soit fixé à 65 ans minimum. À ces caprices patronaux, s’ajoute la crainte – fondée ! – que le gouvernement intègre à cette réforme ce qu’il a entériné pour celle des régimes complémentaires (voir Le Monde libertaire n°1706), à savoir la désindexation du montant des pensions sur l’inflation (ce qui, une fois de plus, est synonyme de baisse du pouvoir d’achat des retraités).Bref, rien n’est certes encore décidé – ce n’est que le début du merdier...
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