Mercredì, 19 Juin 2013

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n°1675 (31 mai-6 juin 2012) | France Ajouter aux favoris Créer un PDF Recommander Imprimer

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Aperçu :

Cuisine électorale à la française

Hormis circonstances exceptionnelles, les anarchistes ne se mêlent pas des élections telles qu’elles se déroulent au royaume de la « démocratie » bourgeoise. Nous nous sommes largement expliqués à ce propos.
Cela étant, les conséquences politiques de ces élections ne nous laissent pas indifférents.
De prime abord, les « camarades » socialistes devraient rafler la mise lors des législatives à venir. Deux explications à cela. Tout d’abord, les législatives suivant la présidentielle ont toujours donné une majorité parlementaire au président élu. Ensuite, le Front national, qui dans certains endroits pèse 30 ou 40 % des voix, a le pouvoir et la volonté d’imposer 100 à 150 triangulaires au deuxième tour. Et donc de faire perdre la droite.
La stratégie du FN est claire. Son message à la droite est le suivant : gagner ensemble ou perdre séparément. Exemple. Au premier tour, un UMP à 26 %, un socialo à 23 %, un FN à 22 %. Si le FN se maintient au second tour, le socialo, bien que minoritaire, a de fortes chances de l’emporter. Dans ces conditions, et le processus est déjà enclenché, pour sauver leur siège, un certain nombre d’UMP vont passer des accords avec le FN. Résultat des courses, l’UMP va imploser car les gaullistes, les centristes et la droite humaniste n’accepteront pas cela. D’où une recomposition de la droite autour de la force montante, c’est-à-dire le FN. Ce sera le début de la conquête du pouvoir car, c’est ainsi, en France, il y a une majorité électorale à droite. Cela mettra cinq ans, dix ans, quinze ans… mais cela sera.
Ajoutons à cela que l’implosion de l’UMP arrange fortement Bayrou qui espère récupérer les centristes de l’UMP en pleine crise de conscience et que Martine Aubry vient d’annoncer que, partout où ils le pourraient, les candidats socialistes se maintiendraient au second tour, refusant ainsi le désistement « républicain » en faveur de la droite en cas de menace frontiste. La messe est dite, c’est haro sur le baudet UMP !
Bref, à l’issue de ces législatives, le paysage politique français va se retrouver complètement recomposé. Nous aurons l’arbre socialiste, minoritaire, mais doté de tous les pouvoirs et la forêt d’une droite partant à la conquête du pouvoir sous la bannière Marine. Un front républicain socialo-centriste tentera alors d’endiguer la vague. Mais, gestionnaires d’un capitalisme tanguant comme un bateau ivre de folie destructrice, ils ne pourront empêcher que la digue rompe.
Les révolutionnaires, au sens large, et parmi eux les libertaires, seront-ils en capacité de développer une stratégie d’intelligence unitaire face à la vague qui s’annonce ?
Pour l’heure, il nous est toujours loisible de ricaner. Les occasions ne manquent pas. Le PS ne parvenant pas à s’entendre avec le Front de gauche. La course à la gamelle entre « camarades ». Les tartufferies écolos. Le cirque Mélenchon-Marine. Les premières passerelles entre le FN et la droite populaire. La guéguerre Copé-Fillon, avec Raffarin et Juppé en embuscade. Et, cerise sur le gâteau, La Rochelle, un petit village charentais, résistant encore et toujours à l’envahisseur. Explications. Le député maire socialo de La Rochelle ayant décidé de rejoindre la vie civile, il ne se représente pas. Suite à cela, la fédération socialo de Charente-Maritime vote à la quasi unanimité pour la candidature de son secrétaire fédéral, Olivier Faorni. Du basique. Sauf que Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, recalée à l’avant dernière présidentielle, recalée aux dernières primaires socialos, est en recherche d’une candidature sûre (c’est le cas de La Rochelle) pour pouvoir être élue députée, et, ainsi, pouvoir être présidente (c’est une obsession) de l’Assemblée nationale. Et, donc, elle se débrouille pour se faire parachuter par les instances nationales du PS dans la circonscription d’Olivier. Levée de fourches charentaises. Olivier décide de se maintenir. Il est exclu du PS. Mais, la mère Royal étant tellement haïe chez nous pour son autoritarisme et Olivier tellement aimé, il n’est pas sûr que les choses se déroulent comme prévu. D’autant plus que, au PS, Jean Glavany lorgne le perchoir et ne verrait pas d’un mauvais œil la défaite de l’Impérial.
Bref, nous pouvons nous amuser de tout cela. Et sans doute faut-il le faire !
Mais, ce serait mieux de se préparer à l’évidence : à savoir socialisme ou barbarie ? Et de se donner les moyens de faire le bon choix.

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