Jeudi, 20 Juin 2013

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Critiques et perspectives

Notre force est infinie

L’Afrique est d’actualité ces derniers temps. Quand elle fait les grands titres, c’est le plus souvent pour des raisons négatives, faim, famine, guerre, génocide... Comme dans toute société humaine, il y a des salauds, des héros et des gens normaux. Dans les conflits armés, il y a essentiellement des hommes, ce qui a pour conséquence que du côté des victimes il y a des femmes, en grand nombre, victimes qu’elles sont de tas de façons, dont le viol systématique n’est pas la moindre. Que se passe-t-il quand ces victimes en ont ras le bol de l’être, autant dans leur corps que dans leurs enfants qui souvent se révèlent en être les auteurs, puisque chacun d’entre eux est né d’une femme ? Que se passe-t-il quand ces femmes disent non ? Comment disent-elles non ? En prenant un fusil ?Les seins nusBien avant les Femen, des femmes africaines utilisèrent leur nudité comme arme politique contre l’injustice. Il ne s’agit pas ici de porter un regard critique sur l’action de ces féministes en Tunisie. Les bonnes âmes sont prêtes à défendre des lanceurs de pavé ou de cocktails Molotov, mais quand il s’agit d’une paire de seins, on voit refleurir les rappels au respect des traditions culturelles du pays en question. En Afrique dite « noire » c’est un mode d’action des femmes depuis belle lurette. Passé inaperçu dans nos pays « blancs » puisqu’au fond il s’agite de « négresses ». Au Kenya, en février 2001, plus de trois cents femmes nues chassèrent des chercheurs scientifiques venus étendre une réserve naturelle au détriment de leurs terres traditionnelles.En Gambie, en septembre 2001, une trentaine de femmes occupèrent les rues de Brikama, une grande ville du pays, pour protester contre un rituel électoral, le sacrifice d’un chien.En Ouganda, en avril 2012, six militantes se déshabillèrent et défilèrent dans les rues de la capitale, Kampala, pour protester contre l’agression sexuelle subie par l’une d’elles. Elles demandaient que la police arrête le flic qui avait pincé le sein de leur leader, responsable d’une association de femmes pour le changement démocratique.Le 28 août 2012, un autre pas avait été franchi au Togo. Au cours d’un défilé contre le gouvernement, des manifestantes avaient descendu leurs pantalons face aux forces de police.Au Nigeria, en décembre 2012, des femmes Ibos se déshabillèrent presque complètement pour protester contre l’invasion de leur communauté par des voyous. Ces femmes défilèrent dans les rues en chantant. Elles accusaient des spéculateurs fonciers...
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Brutalité policière à Nantes : manifestation antifasciste du 8 juin 2013

Samedi 8 juin 2013 était organisé un second rassemblement en mémoire de Clément Méric, à Nantes, à l'appel des collectifs antifasciste entre autres. Le compte-rendu de la manifestation est disponible sur le site Indymédia Nantes.Nous, photographes autonomes, souhaitons rapporter les faits qui ont suivi la dispersion de la manifestation antifasciste et témoigner, à l’appui de nos photos, des causes de l'occupation au croisement des cours Franklin-Roosevelt et Olivier-de-Clissor à Nantes ce jour-là.Nous étions sur place. Juste après l’appel à dispersion de la manifestation, nous apercevons un rapide et général déplacement des agents de police en civil vers une rue adjacente. Nous décidons de les suivre. Nous assistons alors à l'interpellation d'un manifestant ainsi qu'à l'arrestation de deux autres avec une violence que rien ne justifiait. Suite à ces arrestations, plusieurs des militants restés sur place ont occupé la rue et interpelé les CRS et les agents de la brigade anticriminalité pendant deux heures. Pendant tout ce temps, nous (ainsi que plusieurs autres témoins) avons constaté l'absence des journalistes, qui pourtant publieront trois articles sur cet évènement.Les Photographes autonomes...
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Le Nouvel Éducateur

Ce n’est pas la première fois que le mouvement Freinet se trouve concerné par une réforme portée par un gouvernement de gauche. Dès 1936, L’Éducateur prolétarien, revue du mouvement, consacre un numéro spécial sur le projet du ministre de l’Éducation nationale, Jean Zay : « Nouveau plan d’étude français ». Célestin Freinet y propose un grand nombre de réformes portant sur l’organisation de la classe, de l’école et la création d’écoles expérimentales.Avril 2013, l’ICEM-pédagogie Freinet consacre un numéro spécial où se déclinent ses propositions pour une école populaire et émancipatrice et la lecture critique du projet de loi. En effet, la flambée d’espoirs qui a jailli après plus de cinq ans de régression pédagogique et de renoncement éducatif a rapidement laissé place aux déceptions et aux désillusions, même s’il semble encore possible de transformer l’école et le quotidien de tous les enfants.De nombreux amis de la pédagogie Freinet ont apporté leur parole dans ce numéro exceptionnel de 100 pages....
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Hurlements en faveur d’une libre distribution de la presse

Avant le monde de la finance, celui de la distribution de la presse a connu une, deux, plusieurs crises dont nous nous sommes fait régulièrement l’écho dans Le Monde libertaire 1. La dernière a généré un conflit assez rude. Il faut dire que le déficit de Presstalis 2 n’en finissait plus de se creuser pour atteindre jusqu’à 240 millions d’euros, à tel point que le mot « faillite » était de plus en plus souvent prononcé. Le système mis en place en 1947 (loi Bichet) avait été conçu pour notamment encadrer et protéger la presse dite d’opinion. À la Libération, on comptait environ trente quotidiens nationaux surfant sur l’euphorie de l’après-guerre ; le panorama aujourd’hui est évidemment beaucoup moins réjouissant : moins d’une dizaine survivent avec, pour eux aussi, un déficit chronique. Précision : la fameuse loi Bichet n’a cessé d’être contournée et détournée de sa raison d’être par les « gros » éditeurs qui ont procédé à des regroupements de titres pour tendre vers une pensée – politique – unique. Le groupe Hersant s’est particulièrement distingué dans cette discipline au cours des années 1970-1980.Aujourd’hui, les « gratuits » papier ou en ligne n’ont rien arrangé : information basique, aucune analyse, dans des titres ou sur des sites appartenant à des groupes financiers relayant les valeurs du capitalisme.Hachette, l’opérateur historique qui jusqu’alors avait été choisi pour chapeauter la distribution de la presse (même s’il n’en possède « que » 49 %), est de plus en plus aux abonnés absents. L’héritier Lagardère ne se gêne pas pour répéter à satiété que le papier n’a plus d’avenir. Drôle de discours lorsque l’on est un des principaux protagonistes de la distribution au numéro. Mais Internet ou les gratuits ne sont pas les seuls responsables de la crise que traversent la presse écrite et son principal distributeur. Depuis des années, les subventions publiques destinées à la presse prennent des chemins assez tortueux. Vous pensiez que ces aides concernaient la presse d’opinion ? Sachez qu’en 2011, 35 millions d’aides directes (représentant 7,4 % du total versé) ont été octroyés aux… sept plus gros magazines TV (qui se gavent déjà pas mal avec la publicité). Le but de la loi Bichet était de définir le cadre de la distribution globale de la presse sur tout le territoire national et d’établir un barème fixant une péréquation entre les différents éditeurs (les gros payant pour les petits).Ce barème tenait compte du prix du titre (dit...
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On achève bien les médecins du travail

Depuis quelques années, à la suite de suicides sur le lieu de travail de plusieurs salariés (à France Télécom, Renault ou La Poste, pour les plus médiatisés), la notion de psychopathologie liée au travail, qu’on appelle aussi risques psychosociaux, est largement connue du grand public. C’est même une question sensible, tant les conséquences humaines sont dramatiques. Dans de nombreuses entreprises, des commissions ad hoc ont été mises en place pour tenter de prévenir les suicides et de repérer les salariés en souffrance.Fort, permanent, efficaceAvec des résultats plutôt mitigés, il faut le souligner. Car c’est dans l’organisation même de l’entreprise, ses nouveaux modes de « management », qu’il faut aller chercher la cause de cette souffrance, qui fait qu’un nombre élevé de travailleurs craquent et se trouvent dans des situations de stress, de dépression et de danger. Or ces conditions modernes de l’exploitation, basées sur la recherche du profit maximal et sur l’individualisation des tâches, n’ont pas été remises en cause.On pointe la fragilité du travailleur, qu’on doit repérer et accompagner, pour lui permettre de mieux résister au rouleau compresseur. S’il ne va pas bien, c’est parce qu’il n’a pas les armes qu’il lui faudrait pour faire face, qu’il ne communique pas et qu’il est fragilisé par sa vie familiale et personnelle. Il doit être fort, performant, efficace ! On va lui apprendre à gérer son stress, on va le « coacher » (le coaching, une mine d’or !), lui donner des cours de yoga ou de méditation, voire lui permettre de rencontrer un professionnel de la psychologie et de discuter avec lui…La médecine du travail…Bien sûr, ces pathologies ne prennent pas toujours un tour aussi dramatique ou spectaculaire. Le stress au quotidien ne se voit pas toujours et parfois le salarié qui en souffre n’en a pas réellement conscience, se mettant de la sorte en danger. C’est le rôle du médecin du travail d’en détecter les signes avant-coureurs et de faire prendre les dispositions adéquates pour mettre le salarié à l’abri des éventuelles conséquences néfastes pour sa santé. Ce qui peut placer le médecin du travail dans une situation inconfortable vis-à-vis de l’employeur. C’est pour cela que, théoriquement, l’indépendance des médecins du travail est garantie par le Code du travail. Théoriquement, car les pressions des patrons et de leurs organisations sur les médecins du travail existent depuis qu’existe la médecine du travail.… remise en causeCes pressions...
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Qui médit a tort, pas forcément (1)

Lorsque, en 2010, Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, publiait son livre Mediator® 150 mg : combien de morts ?, dans lequel elle mettait en lumière les graves complications, parfois mortelles, qu’entraînait ce médicament, elle s’attirait les foudres du laboratoire Servier, titulaire du brevet et producteur du médicament incriminé. Un procès, gagné en première instance par Servier, conduisait à la censure du sous-titre, jugé attentatoire à la réputation de l’industriel. Depuis, les faits ont pu être établis (et le sous-titre du livre rétabli), et c’est au tour du patron Jacques Servier de passer devant les juges. Devant le tribunal de Nanterre, depuis le 18 mai, près de 700 parties civiles lui reprochent de les avoir délibérément trompées sur la composition du Mediator et d’avoir mis leur santé et leur vie en danger. Un rapport judiciaire estime que 1 300 à 1 800 patients sont décédés des complications liées à l’usage du benfluorex, molécule composant le Mediator®. Comment un médicament inutile et dangereux a-t-il pu être autorisé et commercialisé pendant trente-trois ans ? Entre 1976, date de mise sur le marché, et 2009, date de retrait, 2,4 millions de personnes auront pris 145 millions de boîtes de Mediator® (à raison de 30 comprimés par boîte, cela fait 4 350 millions de comprimés !), remboursées à 65 % par la Sécurité sociale. Chiffre d’affaires cumulé : 300 millions d’euros… À l’origine, le Mediator® a été proposé comme traitement adjuvant chez les patients diabétiques en surpoids qui avaient des taux élevés de lipides dans le sang. Malgré le très faible niveau de preuve d’efficacité, et grâce à une communication habile, ce produit a trouvé preneur et s’est très bien vendu. Très vite, cependant, ce médicament va être détourner de sa destination officielle et utilisé comme coupe-faim chez les obèses. Pourtant, dès l’année 1978, dans la revue Pratique 2, et sous le pseudonyme assez parlant de James Larnaque 3, un médecin mettait en garde ses confrères sur ce médicament, en montrant sa face cachée : le benfluorex est un anorexigène, c’est-à-dire un coupe-faim, dérivé de l’amphétamine.Histoire des anorexigènesLes médicaments anorexigènes ont déjà une longue histoire. On connaissait l’effet anorexigène des amphétamines dès les années 1930, mais leurs graves effets secondaires neurologiques, comme l’addiction et l’apparition de troubles psychotiques, empêchaient leur utilisation dans le traitement de l’obésité. En 1960, les propriétés anorexigènes d’un dérivé d’amphétamine, la norfenfluramine, sont mises en évidence chez la souris, sans les effets secondaires neurologiques habituels...
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L’autorité environnementale

À quoi sert l’Autorité environnementale ? Bonne question. Pour rappel, l’Autorité environnementale (AE) du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) a été créée durant l’été 2009 sous l’influence de l’Union européenne. Il s’agit d’une structure mise en place pour éviter que le ministère de l’Écologie soit «  juge et partie », dans le cas où le ministre chargé de l’environnement doit prendre une décision sur un projet ou lorsque le maître d’ouvrage est l’État représenté par un service dépendant de ce ministre ou d’un établissement public placé sous sa tutelle. L’Autorité est censée jouer le rôle de « garant environnemental ». Voilà pour la théorie.Trois ans après sa création, l’AE fait un premier bilan de la prise en compte de ses recommandations, et ce n’est pas triste ! Sur les 265 projets ou programmes examinés par l’Autorité, seulement huit dossiers ont été abandonnés ou reportés en attendant d’être complétés « significativement » et – attention – « avant même que l’Autorité ait rendu son avis », selon le rapport de l’AE. Dans la majorité des cas, les recommandations de l’AE donnent lieu à un « mémoire en réponse » du maître d’ouvrage, « bien que celui-ci reste libre d’y donner ou non une suite ». C’est vachement « agit-prop », comme processus et surtout très pertinent ! C’est comme si après un jugement rendu par une cour de justice, le prévenu restait libre d’y donner ou non une suite, cocasse non ? Ce qui n’empêche pas un membre de l’Autorité de constater « une meilleure prise en compte de l’environnement par les maîtres d’ouvrage ». Ces derniers obtempéreront-ils de leur propre chef ? Un élément de réponse est que « si les maîtres d’ouvrage ne sont pas juridiquement tenus de suivre les recommandations de l’AE, les avis sont rendus publics ». Ah, on comprend mieux pourquoi les maîtres d’ouvrage se méfient et améliorent leurs projets, alors… Dans son rapport, l’AE avoue qu’au niveau des suivis des recommandations dans la vie du projet, « elle n’a pour l’instant pas de visibilité en la matière » ! Mais, l’AE de préciser (pour sa propre survie ? Il faut bien survivre en temps de crise…) que les dispositions de la loi Grenelle 2 visant à ce que les maîtres d’ouvrage suivent les mesures de protection de l’environnement dans le temps « pourraient permettre d’améliorer les choses ». On sent bien cependant qu’avec l’emploi du verbe au conditionnel, ceci est loin d’être acquis ! Enfin, sur la question de son image envers le grand public, l’Autorité ne semble pas se...
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Après la manif pour tous : la gazeuse pour tous

Aujourd’hui j’ai peur. J’ai peur de déraper. La vision dimanche dernier des CRS en train de vider des gazeuses de lacrymo sur les manifestants contre le mariage homo me les a presque rendus sympathiques. Guilleret. Tout juste si je vais pas aller leur porter des croissants au petit-déjeuner. Un comble ! Car enfin on a eu beau gloser sur ces individus, serviteurs zélés du maintien de l’ordre, toujours prêts à cogner, à matraquer, à s’acharner même, les voilà, beaux comme un matin de Noël, les cuirs astiqués et le casque luisant, venus faire, avec toutes les précautions d’usage de celui assis derrière un bureau, le boulot à notre place. Vous en rêviez : Valls l’a fait…Tous les militants un tant soit peu aguerris le savent, l’avenue des Champs-Élysées à Paris est rigoureusement interdite aux manifestations politiques ou syndicales de droite comme de gauche, pour faire simple. Celle du dimanche 24 mars n’échappait donc pas à la règle, proximité du Palais de l’Élysée oblige. Les organisateurs le savaient, même s’ils n’ont pas la culture des manifs et n’avaient donc aucune excuse sauf, et si c’en est une, une manière de se faire naïvement piéger par une savante provocation, parfaitement orchestrée et préméditée. Cela n’a rien d’incongru et est tout à fait vraisemblable. Car enfin rien d’étonnant dans ce genre de rassemblement, anti-homos, versaillais, réactionnaire, catholique traditionaliste, d’y retrouver une belle jeunesse saine, l’haleine fraîche et virile du calibre Bloc identitaire, Jeunesses nationalistes, Renouveau français, toujours prête à « casser du pédé » comme ils disent. Tout ce qu’on aime… Leur technique du débordement, de l’entrisme, de l’amalgame et de la manipulation est largement rodée et foutrement efficace, et les libéralités, la condescendance, l’aveuglement stupide et irresponsable des organisateurs ont largement facilité la tâche de ces petits anges qui ne comprennent que les aboiements, les beuglements et ne restent fascinés que par la force, l’autorité, la bière, les nuques rasées et les rangers.Ce qui fait, malheureusement, l’intérêt de ce qui ne reste qu’une anecdote, qu’un accident de parcours, c’est la manière dont ont été traités ces incidents. Les parents, on ne va pas les plaindre, accompagnés de leurs enfants qui se sont retrouvés dans ces bagarres étaient sans doute assez peu habitués à ce genre de violence, contrairement à ceux qui n’ont eu aucun scrupule à les y entraîner. Le traitement par les médias va bien durer trois ou quatre jours, bien au-delà du temps...
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Plouf !

Il nous était annoncé que, début mai, l’État français comptait montrer ses muscles par un nouveau tir expérimental de missile nucléaire, le M51, depuis un sous-marin, au large de Penmarc’h (29).La France fait en effet partie des neuf États détenteurs de la bombe atomique, aux côtés des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Russie, de la Chine, de l’Inde, du Pakistan, d’Israël et de la Corée du Nord, et il est de bon ton d’assurer sa place dans la cour des grands.Aussi, dans la droite ligne de ses prédécesseurs, le chef actuel de l’État français confirme le développement de cette prétendue arme de dissuasion. Or le perfectionnement de tels engins de guerre ne fait qu’entretenir la course mondiale aux armements, prive les populations de milliards d’euros qui pourraient être bien plus utiles et entretient un climat mondial d’insécurité avec cette menace de destruction massive. Le programme global M51 est estimé à 31 milliards d’euros, soit l’équivalent de 18 000 postes d’infirmiers durant vingt ans.De son côté, la Fédération antinucléaire de Bretagne dénonce dans son communiqué : « Avec le missile M51, plus précis et donc permettant l’utilisation de bombes nucléaires de puissance réduite, le gouvernement français poursuit un objectif de banalisation des armes nucléaires et radioactives, et de leur usage. […] Toute arme nucléaire ou radioactive est dévastatrice, et entraîne de graves conséquences sanitaires à moyen et long terme. L’usage d’armes à l’uranium appauvri employées en Irak, et probablement encore très récemment au Mali, le démontre. »Cette nouvelle violation du Traité de non-prolifération (TNP) vient malheureusement confirmer le mépris du gouvernement français pour le droit international. En contradiction totale avec les dispositions du TNP, François Hollande a une nouvelle fois tenté le 15 février de vendre des réacteurs nucléaires à l’Inde, un des trois seuls pays au monde non signataires du traité. Le Sénat a même été saisi d’un projet de loi « relatif à la répartition des droits de propriété intellectuelle dans les accords de développement des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire ». La France contribue ainsi à saboter purement et simplement le TNP, dans le seul but de vendre à l’étranger les réacteurs nucléaires d’Areva. La Fédération anti-nucléaire de Bretagne rappelle « les liens indissociables entre nucléaire civil et nucléaire militaire, la technologie du nucléaire civile étant une passerelle directe vers la fabrication d’armes nucléaires ».Dimanche 5 mai, le SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins) Le Vigilant a lancé ce missile (12 mètres de haut, 56 tonnes,...
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Des idées nouvelles : n’oubliez pas de penser juste…

Dans une lettre, datée d’octobre 1873, adressée aux compagnons de la Fédération jurassienne, Bakounine écrivait : « Eh bien ! J’ai cette conviction que le temps des grands discours théoriques […] est passé. Dans les neuf dernières années, on a développé au sein de l’Internationale plus d’idées qu’il n’en faudrait pour sauver le monde − si les idées seules pouvaient le sauver −, et je défie qui que ce soit d’en inventer une nouvelle. Le temps n’est plus aux idées, il est aux faits et aux actes. 1 »Loin de nous l’idée de contredire notre glorieux ancêtre, mais on peut essayer de nuancer ses propos de désillusion ou d’amertume au soir de sa vie : il mourra environ trois ans plus tard.Sans doute, à vrai dire, peut-on affirmer qu’il n’y a pas souvent d’idées nouvelles qui jaillissent sous le soleil, mais il est à noter que, à certains moments de l’histoire, des humains, plus imaginatifs, plus spéculatifs que la plupart, parce qu’ils ont une réflexion autre, donnent un nom à des pratiques anciennes, à des faits, à des actions sans dénomination jusque-là, et qui restaient vagues et floues dans les têtes, justement parce qu’elles n’étaient pas nommées. L’action restait comme isolée dans l’Histoire, non classée, non reliée à une autre.Ainsi on n’aurait pas qualifié l’acte d’Antigone ou celui de Socrate de « désobéissance civile ». C’eût été anachronique.Or les choses bougent quelquefois quand on les aborde autrement, quand on les associe de façon nouvelle, quand on les raccroche à d’autres, quand, en tournant autour d’une idée ou d’un acte, on crée un concept nouveau. Les bricoleurs et leur boîte à outils savent que, devant une difficulté pratique, il suffit quelquefois de faire… autrement.Je prendrai deux exemples dans les idées qui nous sont chères. Jusqu’à Proudhon, l’idée d’anarchie était synonyme de désordre, de pagaille, de confusion, etc. ; ce qu’elle est encore. En suivant la démarche intellectuelle qui lui est propre, Proudhon retourna l’idée en donnant un sens positif au mot « anarchie » et proposa une représentation mentale inédite. Il affirme ainsi en 1849, dans La Voix du peuple, que « le plus haut degré d’ordre dans la société s’exprime par le plus haut degré de liberté individuelle, en un mot par l’anarchie ».Le hasard faisant bien les choses, la même année 1849 voit un certain Henry David Thoreau écrire son Civil Disobedience (La Désobéissance civile). Oui, il inventait une formulation...
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Il n’y a plus de socialistes à l’adresse indiquée…

De Jean Jaurès à Harlem Désir (que ce dernier veuille bien m’excuser du raccourci historique), en passant par Jules Guesde (partisan de l’Union sacrée en 1914), Léon Blum (champion de la non-intervention en Espagne, en 1936), ou Guy Mollet (qui conduira la guerre en Algérie, alors qu’il avait mené campagne pour la paix en 1955), les promesses non tenues et les trahisons ont constamment émaillé un parti socialiste qui, sous ses diverses appellations, devait finalement opter pour la social-démocratie. N’oublions pas que Léon Blum, qui levait le poing en chantant l’Internationale, en mai 1936, nous délivrait déjà un véritable secret de polichinelle une fois devenu président du Conseil, en juin de la même année : « Nous serons des gérants fidèles du capitalisme », après avoir décrété « la pause », alors que le patronat en colique était prêt à de nombreuses concessions.Les tristes exploits de la « Vieille maison ».Attention ! Surtout ne pas confondre socialisme et social-démocratie. Dans le premier cas, il était envisagé de débarrasser la société de l’emprise du capitalisme. Dans la seconde approche, selon l’enseignement d’Édouard Bernstein, il était surtout prévu une méthode plus douce : la transformation graduelle et sans heurt de la société capitaliste en société socialiste. En fait, trouver un compromis raisonnable avec ceux qu’on était censé combattre la veille. Entre les deux ambitions c’était, bien évidemment, le jour et la nuit. Les socialistes de la fin du XIXe siècle, dont nombre étaient des rescapés de la Commune de Paris, n’avaient que peu d’ambitions en commun avec ceux qui se posaient déjà la question de participer au pouvoir de la bourgeoisie dans une société qui ferait table rase des luttes sociales. Le premier à franchir le pas, en 1899, Alexandre Millerand, fera partie de plusieurs cabinets ministériels, avant et pendant la Première Guerre mondiale. Président du Conseil en 1920, il avait été l’initiateur du « Bloc national », avant d’être élu président de la République. Millerand avait ouvert la voie de la trahison visible à Jules Guesde comme à Marcel Sembat, tous devenus ardents nationalistes.Pour ceux-là, il est possible de comprendre leur rejet de l’égalitarisme, comme du collectivisme (quelle horreur !), et leur refus de rejoindre la IIIe Internationale lors du congrès de Tours, en décembre 1920. À la tête de ceux qui allaient garder la « vieille maison » se trouvait Léon Blum, qui, après avoir tenté de donner le change à la tête du gouvernement de Front populaire, de...
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Prisonniers politiques

En 2004, réunies à l’occasion de la première conférence internationale sur les prisonniers politiques à Donostia (San Sebastián, España), plusieurs organisations ont adopté une déclaration faisant du 17 avril la journée internationale des prisonniers politiques. Aujourd’hui encore, des dizaines de milliers de militants et militantes politiques sont incarcérés dans les geôles britanniques, irlandaises, marocaines, françaises, espagnoles, étasuniennes, israéliennes, mexicaines, sri-lankaises, turques et autres.Ils sont confrontés quotidiennement aux brimades, aux traitements dégradants, à la torture et aux procès d’exception qui s’ajoutent aux conditions inacceptables de tout enfermement.À Paris, depuis 2008, différentes organisations participent à la mise en place de cette solidarité en exigeant la reconnaissance du statut de prisonnier politique partout dansle monde mais surtout la libération des incarcérés.Cette année nous avons décidé de consacrer une semaine entière à la question des prisonniers politiques. Celle-ci se déroulera du 14 au 20 avril. La solidarité est une arme, utilisons-la !Avec le soutien du secrétariat aux relations internationales de la Fédération anarchiste...
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