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par Gilles Durand le 15 janvier 2015

Une ZAD Comment ça marche ?

EXTRAIT DU MONDE LIBERTAIRE HORS SÉRIE N°59 : L’ANARCHIE A L’EPREUVE DU REEL




Pour notre entretien, tu te présentes comment ? Camille comme aiment les journalistes, par un pseudonyme, par ton prénom ? Et pourquoi ?
Quico :
Tout d’abord, pour commencer, je tiens à préciser que je ne suis représentant de rien et que je ne parle qu’en mon nom ; mon choix est donc de prendre un pseudo qui m’est propre : Quico. J’avoue que j’aime garder mon individualité et ne pas être fondu dans la masse des Camille. C’est une question de choix personnel, c’est tout. Quico était aussi le surnom de l’ancien guérillero anti-franquiste Francisco Sabaté (loin de moi toute comparaison ou identification avec ce géant révolutionnaire, mais c’est une manière de lui rendre hommage).

Tu n’es pas un V.R.P. de la ZAD, mais comment te définirais-tu ? Zadiste, habitant de la ZAD de Notre Dame des Landes, militant, anarchiste, révolutionnaire, zadeur, etc ?
Quico :
En général je n’aime pas trop les catégories, donc je ne me mettrais pas dans une case. Je dirais que je suis moi-même, quelqu’un qui essaye de s’investir et d’œuvrer dans une perspective révolutionnaire.

Peux-tu définir ce qu’est la ZAD de Notre Dame des Landes ?
Quico :
Littéralement Zone À Défendre, redéfinie depuis peu par certains en Zone d’Autonomie Définitive. C’est un espace au départ délimité géographiquement par l’occupation d’une zone où doit se construire un aéroport financé entre autres pour Vinci. Sur ce lieu d’environ 1500 à 2000 hectares se met en place une volonté de s’organiser collectivement de manière autonome, en développant l’autogestion. Plusieurs personnes avec des origines géographiques, sociales, idéologiques différentes et avec des dynamiques multiples se côtoient à cet endroit. Des collectifs sont créés en mode affinitaire et suivant les envies d’actions (collectifs d’éleveurs, équipe radio, féministes, vegans, paysans, etc). La ZAD de NDDL (Notre Dame Des Landes) représente un lieu parmi d’autres (Testet, Plateau des Mille Vaches…) en lutte contre le monde capitaliste. Je préfère au mot ZAD le terme Zone de Lutte ou de Résistance. Le mot ZAD renvoie à une lutte contre les Grands Projets Inutiles et Imposés et, du coup, s’enferme là-dedans. Les deux termes ZAD et GPII me paraissent inadéquats. ZAD est devenu un mot presque marketing, qui casse une perspective historique des luttes en présentant cela comme une nouveauté. Employer plutôt Zone de Lutte ou de Résistance permet de replacer ces luttes dans une continuité des luttes passées et une ouverture sur l’Histoire. En cela, la Commune de Paris, Cronstadt, Makhno, etc, représentaient aussi des tentatives de créer des ouvertures, des brèches dans le système afin de le renverser. Je pense que l’on est dans la droite ligne de ces soulèvements. L’expression "Grands Projets Inutiles et Imposés" est aussi sujette à controverses car qu’est-ce qui est inutile et qu’est-ce qui est imposé ? Pour les capitalistes, ce projet n’est pas inutile, et personnellement je revendique aussi le droit à l’inutilité. A mon sens, derrière ce terme se cache en filigrane une logique de pensée productiviste qui ne rompt pas avec une certaine logique de croissance du capital. La bataille des mots me paraît très importante car les mots sont des armes, et on voit bien comment les pouvoirs imposent une sorte de novlangue orwellienne afin d’atténuer, d’aseptiser le langage et, par delà, les concepts et les idées. Il ne faut pas se faire piéger à notre tour.

Comment est organisée la démocratie directe à la ZAD de NDDL ? Comment sont organisées les A.G : tours de parole, modes de votes, etc ? Y a-t-il des mandats impératifs, révocables et tournants ?
Quico :
Des assemblées sont organisées régulièrement. Une toutes les deux semaines concerne tout le voisinage de la zone, et une chaque semaine ne réunit que les habitants. D’autres réunions peuvent avoir lieu en cas d’urgence ou sur des sujets bien précis. Dans ce cas là, les habitants sont informés par le ZAD News (journal de la zone fait par les habitants, paraissant chaque semaine et distribué dans tous les différents collectifs). Le ZAD News permet de tenir au courant chaque personne de l’actualité militante, locale ou pas. Dans les réunions, les points à aborder sont discutés collectivement. La plupart du temps, ces rendez-vous sont plutôt des réunions d’informations. Les prises de décision sont collectives et sont votées généralement à mains levées. La limite de ces assemblées est le manque de participation. En effet, elles ne rassemblent qu’une minorité de personnes, le reste préférant continuer leurs activités, soit parce qu’ils ne se sentent pas concernés, soit qu’il n’y vont pas pour des raisons individualistes. Comme quoi les modes d’assemblée sont toujours à dépasser. L’organisation de la communication se doit d’être toujours en évolution, afin d’éviter de rentrer dans une sorte de routine qui amènerait à la désertion de ces réunions. En général, nous évitons au maximum les représentants. Les seuls mandats dont on peut parler sont ceux où une personne d’un collectif, choisie par les membres de son groupe, est désignée pour rapporter une information importante en assemblée.

Y a-t-il un "bon gouvernement" comme disent les zapatistes, ou pas de gouvernement du tout ?
Quico :
Pour paraphraser Henry David Thoreau, je dirai que le meilleur gouvernement est celui qui ne dirige pas du tout. Il faut bien voir qu’à l’heure actuelle, deux modes politiques s’affrontent. Le vieux modèle que tout le monde connaît, celui de l’Etat, des partis de gauche et de droite. Celui-ci plus personne n’y croit. Puis il y a celui dont la volonté est de se réapproprier l’outil politique : c’est celui des différentes zones de résistance qui se mettent en place au niveau international. Il y a NDDL, le Testet, etc, en France mais aussi les zapatistes au Mexique, les quilombos au Brésil et encore beaucoup d’autres zones dans d’autres pays. D’où la nécessité d’être en lien les uns avec les autres. On parle beaucoup de convergence des luttes et bien, il faut qu’elle soit réalisée au niveau de tous les combats, et j’y inclus les sans-papiers, les luttes ouvrières…

Y a-t-il des chefs, charisme et caractère aidant ? Comment contournez-vous cet écueil ?
Quico :
Il y aura toujours des personnes à forte personnalité tendant à s’imposer dans les réunions. Et dans un sens c’est très bien, cela prouve que l’on est tous différents. Le but après est de pouvoir faire en sorte que des charismes trop présents n’étouffent les autres. Cela dépend beaucoup de l’organisation des temps de parole dans les assemblées. Généralement les réunions se font avec un(e) modérateur de parole, un(e) secrétaire, une personne donnant la parole, etc.

Y a-t-il des groupes affinitaires avec des pensées et des actes différents ?
Quico :
Il y a effectivement des groupes affinitaires qui, comme je le disais, se rassemblent du fait qu’ils ont les mêmes projets, les mêmes envies d’investissement sur la zone. Ainsi les groupes vegans organisent des journées sur l’antispécisme, les féministes des soirées débats-films sur les genres, le collectif radio établit une grille des programmes pour Radio Klaxon, etc. Bien sûr des tensions peuvent apparaître autour de ces collectifs. Par exemple entre les éleveurs et les vegans. Ces conflits viennent parfois se rajouter à des confrontations d’ordre davantage personnel. Je trouve ces disputes positives car elles donnent généralement lieu derrière à des réunions de mise à plat. Et puis les conflits permettent d’avancer et d’évoluer. Cela prouve que l’on ne vit pas dans l’uniformisation. Un monde sans conflits, je n’en veux pas. Ça voudrait dire que l’on vit dans l’arbitraire totalitaire.

La ZAD de Notre Dame des Landes a-t-elle des frontières ?
Quico :
Elle a les frontières que l’on veut bien lui donner. La Zone s’agrandit ou rétrécit selon son occupation.

La ZAD de NDDL est-elle une commune ?
Quico :
La Zone pourrait être une commune libre. Cela dépend de ce que l’on entend par le mot commune. Si l’on remplace zone par commune alors elle peut être une commune de résistance, une commune à défendre ou encore une commune à autonomie définitive (une CAD). Ça y est, je vais poser comme droit de propriété le mot CAD ! La ZAD est morte, vive la CAD (rires).

Quels sont les problèmes que vous avez rencontrés dans l’organisation de votre occupation ?
Quico :
Cela dépend de la période dont tu veux parler. Par exemple, pendant les expulsions, il y avait une certaine alliance de fait entre les individus, pour la raison qu’une convergence de résistance face à la répression était en place. C’est lorsque la police n’est plus là que les divisions apparaissent, notamment par rapport à l’organisation sociale de la vie en collectif. L’euphorie de la lutte diminuée, les individus ont davantage l’occasion de se connaître et donc des tensions liées au quotidien peuvent apparaître.

Quelle est actuellement la situation avec la gendarmerie et la police au niveau de la ZAD ?
Quico :
Les forces de répression interviennent par périodes. En ce moment c’est plutôt calme, même si on voit quotidiennement des drones survoler la zone. Après la mort de Rémi au Testet, les forces de répression ont encerclé la zone la veille de la manifestation à Nantes. On sentait vraiment une volonté de mettre la pression. Moi même je fus contrôlé trois fois entre NDDL et Nantes. En tout quatre fois car je le fus aussi en ville pour me rendre au lieu de rassemblement. La version de l’état par rapport aux violences était de faire porter le chapeau aux militants de NDDL qui seraient descendus au Testet et auraient amené avec eux un rapport de confrontation directe avec la police. Nous serions donc ces fameux djihadistes verts, ces anarcho-autonomes-blacks-blocks. Lorsque je fus interviewé par RTL, on sentait à leurs questions la recherche du scoop. C’était du genre : « avez-vous des entraînements sur la Zone pour riposter face à la police ? » On manierait tous les matins la kalash. Je crois que j’ai raté l’occasion de passer au JT de 20 heures, j’aurais dû dire que nous sommes effectivement en lien avec la Syrie de Bachar el Assad, qu’il nous fournit des armes et qu’on leur apprend à faire des jardins ! (rires).

Y a-t-il des problèmes d’alcool et de drogues à la ZAD ? (C’est pas bien !)
Quico :
Il y a effectivement des problèmes de cet ordre. L’alcool et la drogue ont toujours été les meilleurs suppôts du système. Tout le monde sait très bien que le meilleur moyen d’étouffer les luttes c’est d’introduire des drogues dans celles-ci. Tout le monde sait comment l’alcool a pu décimer les indiens ou, plus proche de nous, comment le gouvernement américain a lutté contre les combats d’émancipation des noirs. La lutte contre des mouvements comme les Black Panthers a pu se faire grâce à l’introduction de drogue dans les ghettos noirs. Albert Libertad, déjà, montrait dans Le culte de la Charogne comment les ouvriers, sortant du boulot, allaient s’enivrer dans les bars en lisant les nouvelles sportives, délaissant ainsi la lutte sociale. On peut aussi renvoyer à L’Assommoir de Zola. Tout cela n’est pas récent.

Quelles sont grosso modo les origines sociales des Zadistes ?
Quico :
Cela n’est que mon opinion mais je dirai que, sociologiquement parlant, une grande partie des personnes composant la lutte provient de la classe moyenne (universitaires, etc). Et c’est à mon sens symptomatique de la gauche radicale. Les minorités sociales (migrants, etc) sont très peu représentées. Les roms, les migrants, ont déjà souvent trop de problèmes pour se mêler à une lutte qui les marginaliserait encore plus. L’exemple pourrait être les familles de roms qui s’étaient installées aux abords de la ZAD de Décines (Lyon) sans investir vraiment les lieux. Sinon le fait que la classe moyenne soit davantage représentée dans les mouvements de lutte est explicable par différentes raisons : on s’investit plus facilement dans un mode de vie alternatif lorsqu’on a, grâce à ses parents, une certaine sécurité financière qui pourra permettre, si échec il y a, de revenir à une vie dite normale. Une autre raison est d’ordre plus structurel, et remonte à mon sens à une quarantaine d’années. À partir des chocs pétroliers des années 70, de la fin des trente glorieuses, les nouvelles générations issues de la classe moyenne se sont rendu compte que leur avenir était bouché et qu’ils n’auraient pas la même vie que leurs parents, et ils luttèrent contre leur propre prolétarisation. Beaucoup ont donc commencé à s’investir dans des luttes qui, par la suite, sont devenues de plus en plus globales. Les Indignados ou le mouvement Occupy illustrent un peu cela. Dans le même temps, le prolétariat dans son ensemble s’est désinvesti des luttes à cause de l’atomisation de la classe ouvrière due aux politiques patronales, à l’individualisation des contrats de travail cassant les structures collectives de résistance, à la démystification du parti communiste avec la chute du bloc de l’est, à l’enterrement de l’idéologie du rapport de classes se transformant pour nombre d’ouvriers en antagonismes entre travailleurs du dedans et du dehors, avec en parallèle la montée de l’extrême droite. Le fatalisme s’est installé dans leurs têtes et va de pair avec la vision d’un Fukuyama, début 90, avec "la fin de l’histoire" qui a annoncé que le capitalisme est un horizon indépassable.

La chute du mur de Berlin a aussi mis fin à un certain monopole exercé par le socialisme autoritaire, et a pu laisser davantage de place à des idées d’émancipation comme la question des genres, le féminisme, le véganisme, etc. Ce qui est une très bonne chose même si cela se fait à mon sens un peu trop au détriment de la critique sociale, de l’analyse sociale globale, etc. La question de l’exploitation capitaliste dans les usines, la critique du travail salarié et le lien avec le monde ouvrier sont à mon sens trop délaissés et ce depuis trop longtemps. Oublier ces questions, c’est laisser un boulevard à l’extrême droite qui, elle, investit les lieux de travail. La convergence des luttes se fait aussi avec les ouvriers, et ce qui manque pour une véritable déflagration révolutionnaire, c’est le lien avec les travailleurs. Lorsque les ouvriers de Fralib à Gémenos luttent, récupèrent leurs outils de production et visent à l’autogestion, c’est pour moi aussi une ZAD. Les liens doivent donc encore davantage se créer.

Avez-vous réussi à abolir certains rapports marchands ?
Quico :
On essaye de privilégier plutôt le prix libre et de se passer complètement du rapport marchand. Par exemple, tous les vendredis a lieu le non-marché où tout est à prix libre, comme chez les éleveurs de Bellevue pour le fromage. Le prix libre peut être pratiqué mais aussi les échanges : J’ai pas de thunes donc je donne un peu de tabac, etc. L’important c’est vraiment l’échange.

Résistant à la violence de l’état par une autre violence, la ZAD de NDDL a dû connaître des problèmes de virilisme, voire de sexisme ?
Quico :
Il y a souvent des problèmes de virilisme dès qu’il faut s’affirmer dans le conflit. C’est aussi l’occasion pour certains de montrer leur apport à la lutte. Par rapport au sexisme, il y a, je pense et c’est un homme qui parle, une volonté générale de prendre cette question en compte, mais malgré cela il est quand même toujours présent. En dehors des mauvaises habitudes de langage (femmelette, pédé, enculé, …) il y a aussi des traces de sexisme dans certains rapports entre les genres, et notamment des rapports de domination. La déconstruction ne se fait pas en si peu de temps.

Comment s’organisent les non-violents et les "violents" ? Y a-t-il eu des problèmes ?
Quico :
Il n’y a pas de barrières aussi claires, où d’un côté il y aurait les non-violents et de l’autre les violents. Et puis, déjà, il faudrait redéfinir la non-violence (active/passive), le pacifisme et la stratégie de la violence. Nelson Mandela est un bon exemple. Celui-ci, présenté comme un non-violent par les pouvoirs, a aussi participé à ses débuts à la lutte armée, mais ce passage de sa vie est généralement totalement occulté (dissociation de la mémoire). Cela pour dire que dans une logique de résistance et de lutte, ce qui est qualifié traditionnellement de non-violence et violence n’existe pas ou, du moins, les choses ne sont pas aussi tranchées. On lutte par tous les modes d’action que l’on peut. Ça peut être un sit-in comme une action de masse pour investir une zone. Cela fait partie de la stratégie de l’État de créer ces lignes de partage entre violents et non-violents. Ça procède de la division du mouvement révolutionnaire. Il suffit de voir comme les pouvoirs ont saisi l’occasion de la mort du copain Rémi pour essayer de jouer la division et faire croire aux bons manifestants (ceux qui négocient, les citoyennistes) et les mauvais (ceux qui ont le couteau entre les dents, qui n’ont pas de cerveau, qui sont juste là pour affronter les bleus), et que c’était dans leur intérêt que les bons manifestants se débarrassent des mauvais.

Violence et non-violence c’est une question de stratégie individuelle, non ?
Quico :
Totalement, mais comme je disais ce sont des notions à redéfinir car je pense que l’on a tous des définitions différentes de ces mots. Au niveau de ceux qui vont privilégier l’action je pense que ça peut être pour certains l’occasion de montrer leur apport à la lutte. Je parlais tout à l’heure du rapport de classes et je pense qu’on peut le retrouver à l’intérieur même de la lutte. Certains vont apporter leur esprit de synthèse et leur culture dans les AG, tandis que d’autres seront beaucoup plus tournés vers l’action, les barricades, etc. En tout cas, certains vont saisir l’occasion pour davantage s’affirmer dans les actions et combler ainsi un possible désinvestissement dans les réunions.

Comment, à la ZAD, a été ressenti l’assassinat de Rémi Fraisse ?
Quico :
L’atmosphère générale était à la colère, et en même temps comme au fatalisme face à quelque chose qui était prévisible, vu l’armement croissant déployé par les forces de l’ordre. Les manœuvres de l’état en ajoutèrent encore plus à la colère. C’est à dire qu’ils ont essayé de mettre sur un pied d’égalité la violence de l’armement militaire des pandores et les quelques pierres lancées par les copains. De plus, ils ont tenté d’attribuer cette violence aux Zadistes de NDDL en faisant croire à des terroristes, des "djihadistes verts", c’est vraiment hallucinant ! Il faut avoir en tête que la crise croissante du capital implique en parallèle une augmentation de l’appareil répressif comme prévention à toute subversion révolutionnaire.

Pourrait-il exister un mouvement des ZAD, un réseau même si il existe déjà de manière informelle ?
Quico :
Ce mouvement existe déjà mais il faut voir plus loin que les ZAD car la convergence doit se faire avec tous ceux qui luttent. C’est pour cela que, comme je le disais tout à l’heure, le terme ZAD est inapproprié, il faudrait parler plutôt de zones de résistance et de lutte. Les ouvriers qui luttent dans leurs entreprises, les squats, les mouvements de sans-papiers, etc, participent tous au changement social, tout le monde doit être en lien.

Même si tu n’es pas Madame Soleil, quel est l’avenir de la ZAD de NDDL et, plus généralement, du mouvement des ZAD ?
Quico :
Il est important que la ZAD tisse des liens et ne se replie pas sur elle-même. Sinon elle est condamnée, soit à la disparition par des conflits internes, soit à la boboïsation avec, petit à petit, une intégration dans l’économie de marché. Il ne faut surtout pas penser qu’il peut y avoir des zones libérées du capital, que la ZAD en est une et qu’en cela c’est gagné. Il ne peut pas y avoir des zones libérées tant que le système est en place, il peut avoir des brèches, des ouvertures permettant des étincelles, c’est tout. Il ne faut pas oublier que des expériences proches des ZAD eurent lieu par le passé : des expériences fouriéristes du 19ème siècle aux mouvements des En-dehors du début 20ème jusqu’aux communautés post-soixante-huitardes. La plupart se sont cassé la gueule, souvent du fait de leur isolement. Ne reproduisons pas les mêmes erreurs.
Il y a à l’heure actuelle un fort potentiel révolutionnaire et il ne faut pas passer à côté. Un mouvement est en train de s’internationaliser. Jérôme Baschet dans Adieux au Capitalisme a raison de dire que l’avenir est peut-être dans la multiplication de ces zones de lutte, créant ainsi une sorte de cancer qui, à terme, ferait tomber le capital.

Un dernier mot ?
Quico :
J’invite tout le monde à se rendre sur le site zad.nadir.org et de se tenir au courant de l’actualité et des différents procès en cours pour soutenir les copains.
PAR : Gilles Durand
Groupe Joseph Dejacque, Nantes
de la Fédération anarchiste
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