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ZADs
par Biscotte le 4 mars 2016

Le paradoxe des ZADs

On a vu apparaître le terme de ZAD, Zone à Défendre, par détournement de Zone d’Aménagement Différé à propos du projet de construction d’un aéroport au Nord de Nantes mais avant… Le Larzac, Creys-Malville, Plogoff, Le Col du Somport…

Souvenir d’ancien combattant : Mai 1994, plus de 10 000 manifestants contre le tunnel du Somport dans les Pyrénées. Parmi eux moi, anar ardéchois parti avec 17 écolos ardéchois. Le tunnel du Somport, c’est pour une autoroute donc pour aller manifester… on prend l’autoroute. Je fais remarquer le paradoxe. « Oui, mais c’est pas à travers les Pyrénées et dans les Pyrénées, il y des ours… »
J’ai appris ce jour-là que les animaux ne naissaient pas tous libres et égaux en dignité et en droits et paf le lapin de garenne…
Arrivés sur place, on plante les guitounes, on s’installe et… chacun de sortir ses foutues mini bouteilles de flotte. Je fais remarquer le paradoxe. « Oui mais pas sûr que l’eau soit potable ici. » On était à un endroit justement appelé « La Goutte d’Eau [note]  » … Alors c’est quoi leur flotte ? Ça vient des Alpes, des Vosges, d’Auvergne… Je fais remarquer le paradoxe. « Vous savez qu’il y a aussi des eaux minérales en Ardèche. » Moi, j’ai un jerrican plein d’eau du robinet de ma mienne maison. Pas très crédible de venir manifester contre une autoroute qui permettra le transport routier de millions de ces foutues bouteilles en plastique pleines de flottes pompées « aux quatre coins de l’hexagone » tout en justifiant par ses propres achats ces camions inutiles... Je fais remarquer le paradoxe. « Vous êtes tous aussi chiants les anars ? »
J’ai appris ce jour-là que le problème n’était pas de savoir s’il fallait ou non plus de réseau routier pour plus de transports inutiles de marchandises inutiles, ce qu’il ne fallait pas c’était cette autoroute en ce lieu, au pays de Nounours…

Deuxième souvenir d’ancien combattant : Janvier 2011, la Basse Ardèche se mobilise contre le gaz de schiste. Réunion publique dans une salle des fêtes comble. Le débat ne tourne qu’autour de la beauté des lieux, du risque de pollution et des touristes qui ne viendraient plus. Pause cigarette, je fais semblant de fouiller dans mes poches et ça ne manque pas, on me tend une dizaine de briquets. Je sors alors une boite d’allumettes et fais remarquer le paradoxe : « Vous avez remarquez, vous avez du gaz avec du pétrole autour… » et naturellement … « Vous êtes tous aussi chiants les anars ? » De l’autre côté de la place, côte à côte, deux voitures de deux agences immobilières. Dans la salle, un élu sarkosyste président du syndicat Ardèche claire, pas loin le député de l’époque, maire de Vals les Bains…
J’arrive à capter le micro pour apporter ma solidarité avec les pollués du monde entier qui vivent déjà aux pieds des derricks. « Si nous continuons à jouer la carte de la croissance soit on accepte le fait qu’il y ait des régions loin, très loin, ayant vocation à être polluées pour que nous puissions continuer à bronzer tranquille dans notre jardin, soit on accepte d’assumer notre surconsommation énergétique. »
J’ai appris ce jour-là que la tribu des « pas chez nous » n’aimait pas trop qu’on mette en péril leur écosystème. Ni leur « économico système » d’ailleurs…

Alors ZADs warum ?

Faut-il participer à ces rassemblements sachant qu’immanquablement la tribu des « pas chez nous » bornera sa réflexion aux bornes de son territoire. Se battre pour une Zone À Défendre ne doit rien à voir avec la seule défense du lieu et de ceux qui y vivent. Sinon, en poussant le raisonnement jusqu’à l’absurde, pourquoi ne pas défendre ces imbéciles heureux qui vivent quelque part et qui voient arriver les migrants comme autant de menaces pour leurs nains de jardin…
En participant, parce qu’on se doit d’y participer, ce qu’il nous faut afficher c’est notre refus des choix imposés où l’économique primerait sur l’individu. Point barre.

Et laissons les « pas chez nous » jouer des coudes pour se faire inviter au grand guignol du référendum qui entérine leur posture. Il est tellement plus simple pour le pouvoir de présenter une telle opposition comme une simple défense de territoire.

ZAD partout pour qu’il n’y ait plus de ZADs.
PAR : Biscotte
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