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Dans un sale État
par Bernard le 22 mars 2016

État de terrorisme

La bourse aux alibis


Pensées solidaires pour les victimes et leurs proches. Journée sombre.


« C’est vraiment dégueulasse. »
Un peu comme si Michel (Jean-Paul Belmondo) avait exporté sa mort sur le pavé parisien vers le bitume de Bruxelles. A bout de souffle…
Le « Côté obscur de la Force » a frappé. Sauvagement, pour faire entrer des gens dans une histoire qui n’est pas la leur, pour faire mal aux peuples et pour défier leurs gouvernements. En réaction, les gouvernements du « Côté lumineux de la Force » vont appeler à l’unité nationale.

Autrefois, dans ces cas-là, on sonnait le tocsin et ça, depuis 1570 à l’époque « bénie » des guerres de religions. Des gens montaient la garde dans le clocher de certaines cathédrales. Histoire de voir si quelque chose clochait.
Le seigneur alors usait de ses pouvoirs régaliens pour gérer la crise au mieux de ses intérêts.
Mais ça, c’était quand le peuple devait obéissance au seigneur en échange d’une certaine sécurité. Le féodalisme a ensuite perduré avec la grande truande qui « protégeait » ses victimes contre « impôts ». Les États font à peu près la même chose… « En matière de racket, je ne reçois que les envoyés de M. Giscard d’Estaing. » disait Paulo les Diams (Jean Gabin) à deux truands venus le menacer.

« C’est vraiment dégueulasse. »
Et le gouvernement français va user de son pouvoir régalien pour répondre à toutes ces forces obscures qui le menacent.
Ainsi, pour lutter contre la menace terroriste, l’État va certainement :





Rogner sur les libertés individuelles car, comme dit Mme Michu : « Mes canaris, s’ils étaient pas dans leur cage,deux jours, j’leur donne pas deux jours avant de se faire bouffer par un chat ! »
Alors, si tu as peur d’avoir peur : fais confiance aux lois sur la sécurité intérieure et à l’état d’urgence.
Et ne sors pas sans tes papiers…

Appeler à la raison les forces vives de la nation ou à défaut les y amener en usant de l’état d’urgence. Dans la foulée, étouffer le mouvement social et l’agitation provoquée par la loi El Khomri.
Alors, si tu as décidé d’aller manifester : Choisis plutôt une promenade paisible dans un parc.
Et ne sors pas sans tes papiers…

Occuper les médias ou, à défaut, attirer les médias. Que la guerre contre le terrorisme fasse oublier la guerre sociale. Utiliser le sang pour couvrir les chiffres du chômage.
Alors, si tu as un patron qui a oublié de prolonger ton CDD : Rendez-vous à Pôle Emploi.
Et ne sors pas sans tes papiers…

Fermer les frontières aux réfugiés en vertu du principe de précaution. Un djihadiste est peut-être caché au milieu des milliers d’autres individus….
Alors, si, en vertu du principe de précaution, tu souhaites aller demander la dissolution de la police au sein duquel se cache peut-être un ripou…
N’y va pas sans tes papiers…

Diviser pour régler… Tout en le dénonçant, jouer sur le communautarisme. « Alors le fil vert sur le bouton vert, le fil rouge sur le bouton rouge. » dirait le colonel Blanchet (Robert Lamoureux)
Alors, suivant ton origine : rase les murs, regarde derrière toi, reste bien avec les tiens, ne pars pas trop loin de ton quartier…
Et ne sors pas sans tes papiers…

On pourrait continuer longtemps cette liste… Il est évident qu’un acte de terrorisme « non gouvernemental » aura toujours des retombées très intéressantes pour « les maîtres du château ».

Le Jedi Luke Skywalker peut dire merci à son père Dark Vador…

PAR : Bernard
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1

le 28 mars 2016 10:46:51 par Dudule

Pitoyable, cet article. Les familles des victimes vous remercient. Votre culture cinématographique me sidère!

2

le 29 mars 2016 11:41:05 par Bernard

Dudule, tu peux développer stp. Pour les familles des victimes, je crois avoir été clair dès le châpo et dès le 1er paragraphe. Le reste, c’est ton opinion...

3

le 29 mars 2016 13:09:02 par bernard

encore un mot, Dudule.
Comme disait Ingmar Berman : "Med tiden trodde man att ingenting kan hända oss . Nu vet vi att allt kan falla på oss . Detta är i själva verket skillnaden." Alors le reste...

4

le 29 mars 2016 18:05:10 par SoFy

Tellement bien écrit et tellement vrai...

5

le 30 mars 2016 07:51:24 par Hector

C’est comme si on était devant le déclin d’un système, lancé sur une pente, qui trouve rien de mieux que la peur pour légitimés ses actions: peur de l’étranger, peur de manifester, peur du travail, peur du chômage, peur du lendemain... ( bien vu Bernard ).
On nous agite la guerre a nos portes comme un croque-mitaine, mais la guerre n’est pas nouvelle. Elle fait rage depuis des décennies sous le contrôle moralisateur des "grandes puissances", qui auraient pue l’arrêter depuis le temps, mais qui n’ont rien fait par choix. Cette bande de vautours se pourlèchent devant la fin des hommes, sirotant pétroles à 0% accompagné de diamants saignant.
Ils ont laissé pourrir le moyen-orient par intérêt et c’est par intérêt qu’ils laisseront l’Europe se déchirer.
Réveillons nous c’est urgents, leurs intérêts ne sont pas les nôtres.

6

le 31 mars 2016 20:08:55 par guemar

excellent article vraiment Bravooo

7

le 10 avril 2016 09:07:50 par bernard

Merci pour vos commentaires. La phrase de Bergman collait assez bien : "Dans le temps, on croyait que rien ne pouvait nous arriver. Maintenant, nous savons que n’importe quoi peut nous tomber dessus. C’est, en fait, toute la différence."